Étude des océans : l'excellence méconnue de Midi-Pyrénées

Florine Galéron
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"Quand j'explique que je travaille dans l'océanographie, souvent mes proches s'étonnent : 'Pourtant, Toulouse n'est pas au bord de la mer!' ", raconte Yves Morel. Le directeur du Legos (Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales) participait ce lundi 8 juin à Toulouse au colloque "Passion Océan" organisé à l'Hôtel de Région lors de la journée mondiale des océans. L'occasion de faire le point sur une filière méconnue de l'écosystème toulousain. L'océanographie désigne l'étude des océans et des mers. Cette discipline inclut aussi bien l'observation des courants, des organismes et écosystèmes marins, que les liens entre océans et modifications climatiques.
Elle emploie des chercheurs spécialisés dans l'étude des océans, des climatologues mais aussi des acteurs du spatial qui, grâce à l'usage des satellites, peuvent améliorer notre connaissance des mers.
Chef de file de cette filière océanographique, la société Mercator Océan a réussi en novembre dernier à décrocher l'appel d'offres de l'Union européenne du programme Copernicus dédié aux océans. L'Europe lui a ainsi confié un budget de 144 millions d'euros et délégué une mission de surveillance et d'observation jusqu'en 2021. Objectif : rassembler et analyser sur un même portail internet en libre accès des relevés océanographiques réalisés par une centaine d'organismes. "Ce n'est pas un hasard si cela arrive à Toulouse, estime Pierre Bahurel, le directeur de Mercator Océan. La recherche est très forte au niveau spatial et météorologique (la moitié des effectifs de Météo France est installée à Toulouse, NDLR)."
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Parmi les autres grandes réussites régionales figure la société CLS. Le groupe toulousain fondé en 1986 s'est spécialisé dans la surveillance des océans en s'appuyant sur une trentaine de satellites. L'entreprise propose également des services à destination des compagnies pétrolières offshore : détection des nappes par satellite radar, suivi des pollutions... CLS a réalisé 96 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014 et prévoit de dépasser les 100 millions cette année. "La société a démarré avec 35 emplois et compte aujourd'hui plus de 535 salariés à travers le monde", indique Antoine Monsaigeon, le directeur stratégie de CLS. "La réussite de CLS montre que l'océanographie est une source de développement économique puisque elle est créatrice d'emplois à court terme et long terme", estime de son côté Philippe Lattes d'Aerospace Valley. Autre acteur majeur du secteur : le Cnes. Basé à Toulouse, le centre national d'études spatiales produit également des satellites pour surveiller les océans du globe. Il lancera cet été son nouveau satellite : Jason-3. À côté de ces grands groupes, une foule de PME et de TPE a rejoint cette filière à l'image de Magellium, spécialiste du traitement du signal et de l'image et des systèmes intelligents qui analyse également désormais des données océanographiques.
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