Les parcs de loisirs, une réussite au grand galop

Carole Payrau

Carole Payrau
Leur "petite entreprise connaît pas la crise" : le refrain sied comme un stetson au Syndicat national des espaces de loisirs, d'attractions et culturels (Snelac), venu tenir son congrès à OK Corral, basé à Cuges-les-Pins.
Entre 2014 et 2015, les membres du syndicat professionnel et patronal, qui représente 95 % du marché en France, ont ainsi enregistré une hausse de fréquentation de 5 %, une croissance "exceptionnelle" en matière de tourisme. Et si l'on regarde au-delà de la poussière dégagée par les chevaux du parc d'attraction régional dédié au western, c'est un grand canyon que le secteur a gravi en deux décennies. "Nous enregistrions 3 millions de visiteurs par an dans les années 1990 contre 52 millions aujourd'hui", lâche Sophie Huberson, déléguée générale du Snelac. Si bien que les parcs constituent désormais un véritable pilier du tourisme hexagonal, fort de 2 000 salariés et d'un chiffre d'affaires annuel de 2,5 milliards d'euros. D'autant que les parcs, majoritairement des PME - même si l'on trouve des géants tels la Compagnie des Alpes (leader européen des loisirs) ou l'Espagnol Aspro-Ocio, qui poussent à une concentration du secteur via des opérations de croissance externe - sont de véritables locomotives économiques pour leur région. "Un emploi créé à l'intérieur d'un parc engendre 3 emplois créés à l'extérieur", souligne Arnaud Bennet. Car si les parcs font appel à des constructeurs étrangers pour leurs manèges, le montage et la décoration sont en revanche réalisés par des entreprises locales.
Une success-story d'autant plus remarquable que le business apparaît des plus complexes.
Dans ce contexte, la réussite des parcs tient tout d'abord à leur capacité à proposer "des attractions en perpétuelle évolution". "70% de la clientèle se trouvent à moins de 2 heures de route. D'où ces trésors d'inventivité, d'innovation qu'il faut déployer", insiste Sophie Huberson. Pour y parvenir, les parcs n'hésitent pas à faire le pari de l'investissement. "Entre 10 et 25% du chiffre d'affaires est réinvesti chaque année", martèle Arnaud Bennet, tandis que la masse salariale (charges comprises) monopolise 30% des recettes. Enfin, 9 à 18% du chiffre d'affaires sont consacrés à la maintenance et sécurité.
Les parcs ont également su se diversifier en développant bien souvent une offre d'hébergement sur leur site. Outre la manne de recettes supplémentaires, les réservations ont longtemps constitué durant la période hivernale des avances de trésorerie.
Malgré tout, le succès de ces hébergements ne se dément pas. Les parcs ont enfin bénéficié d'éléments plus conjoncturels. Notamment la crise, qui perdure depuis près d'une décennie. "Les Français partent moins longtemps et moins souvent en vacances. Le temps qu'il reste, ils passent 2 à 3 jours dans un parc de loisirs", analyse Sophie Huberson.
L'actualité du secteur, c'est désormais l'investissement important que constitue le milliard d'euros du "plan Fabius". Une manne qui doit prendre la forme de prêts de Bpifrance, de prises de participations dans les parcs ou encore, de sites actuellement gérés par des collectivités locales qui seraient confiés à des exploitants privés. Une arme à double tranchant si l'on en croit les professionnels du secteur.
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Pour aider à bien aiguillonner cette manne financière, le syndicat a décidé de répondre favorablement à la sollicitation de la Caisse des dépôts et consignations : il aura un rôle consultatif pour l'attribution des aides.
Carole Payrau