Christian Estrosi : "Avec les chefs d'entreprises, pas de verbiage"
Laurence Bottero
Laurence Bottero
L'Université d'été du Medef est devenu le point de ralliement des politiques voulant (r)assurer les chefs d'entreprises qu'ils ont bien compris leurs besoins et attentes. Si l'exercice revêt cette année un aspect particulier - échéances présidentielles en ligne de mire - il est devenu au fil du temps un passage quasiment obligé.
Présent aux côtés de Nicolas Sarkozy, Christian Estrosi reconnaît que le rendez-vous aoûtien de Jouy-en-Josas est "incontournable". Et que l'exercice de "son" candidat s'est plutôt bien passé de son point de vue, arguant que le parler vrai est la seule bonne façon de parler aux entrepreneurs.
Et de citer comme maux insidieux par exemple le protectionnisme américain que lequel "on a tendance à trop céder", ou encore les normes, "chez nous, c'est toujours plus que la moyenne".
L'économie donc, élément central des programmes comme l'a exhorté Pierre Gattaz lors de son discours inaugural hier, est, assure Christian Estrosi, pour le candidat Sarkozy "le cœur du programme". Il faut dire qu'avoir dans son équipe rapprochée l'ancien ministre de l'Industrie c'est utile. Encore plus quand celui-ci est aussi président de région et qu'il prend des initiatives. D'ailleurs il le reconnaît Christian Estrosi. "Je bénéficie de tribunes qui me permettent d'expérimenter certaines choses". Faisant ainsi référence au guichet unique opérationnel depuis juin dernier et dont un premier bilan sera présenté prochainement.
Car Christian Estrosi en est persuadé, "on peut reconquérir une partie de l'électorat modéré par l'économie et le social. C'est un tort de penser que par une surenchère permanente (en matière de sécurité NDLR) on va inverser la courbe".
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Une démission du ministre de l'Economie en pleine Université, ça fait parler. Sur l'attitude générale de l'ancien ministre de l'Economie, Christian Estrosi a des choses à dire. Il faut dire que les deux hommes se sont largement affrontés sur le sujet de la privatisation de l'aéroport de Nice.
L'attractivité nationale donc est essentielle, mais celle du territoire tout autant. Et les conséquences de l'attentat du 14 juillet sont extrêmement surveillées. Si en terme d'activité, 5 % à 25 % de baisse par rapport à l'an dernier, selon les secteurs, sont évoquées, du côté des investisseurs ayant choisi l'Eco-Vallée, "pas un seul ne s'est rétracté", se réjouit l'ancien maire de Nice qui compte justement s'appuyer sur le numérique et l'innovation pour apporter des réponses aux problématiques de sécurité. Un groupe de travail a ainsi été créé avec des bureaux d'études israéliens expert sur ces domaines, afin de mettre en place des solutions nouvelles comme des portiques capables de lire les plaques d'immatriculation des véhicules suspects. Mais c'est l'image aussi qu'il faut retravailler. Et si Christian Estrosi salue le plan initié par le CRT Côte d'Azur, il annonce également une vaste opération communication menée conjointement par la Métropole et la Région et qui doit permettre de rassurer à l'international, "les décideurs des pays cibles comme les Etats-Unis, le Japon, l'Australie, Canada, la Grande-Bretagne, l'Allemagne avec parallèlement un plan sur le tourisme en finalisation avec trois agences". Sans oublier que "nous réfléchissons aussi à une nouvelle politique événementielle nouvelle. La population de masse dans les espaces publics ce n'est plus possible". Y croire. Agir. Finalement les deux maîtres-mots de l'Université 2016 semblent convenir aussi bien aux entrepreneurs qu'aux politiques.
Laurence Bottero