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Économie - La Tribune Région Sud

Stéphane Mallard : "L'intelligence artificielle ce n'est pas un truc de geek"

Laurence Bottero

Publié le 20 novembre 2017 à 07:00

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Tour à tour crainte ou enthousiasmante, indéniablement élément de transformation de l'économie, l'IA va bouleverser l'industrie, toutes les industries. Une certitude qui doit être synonyme d'opportunité de business à s'emparer. C'est clairement le message délivré aux industriels par ce digital evengelist sans langue de bois, lors du salon Industria ce 22 novembre à Cagnes-sur-mer.

Seul l'énoncé de son nom provoque des effets différents et opposés : quand les uns s'enthousiasment d'autres ne cachent pas leur crainte. L'intelligence artificielle ne laisse pas indifférent, et c'est bien mieux ainsi. Car il ne fait surtout pas l'ignorer sous peine de se voir exclu de ce que sera l'économie de demain. Ce message extrêmement limpide, qui peut ne pas rassurer, est délivré par l'un des digital evengelist les plus pointus. Stéphane Mallard vient de la tech. Pour ce trentenaire de la société Blu Age qui rencontre des leaders du monde entier, l'intelligence artificielle est devenue une compagne quotidienne. Un sujet d'étude. Et de conférences.

La Tribune - Quel va être le réel impact de l'intelligence artificielle ?

Stéphane Mallard - De manière générale, l'intelligence artificielle à un impact similaire sur toutes les industries. Les machines et le algorithmes seront capables de réaliser à notre place des tâches qui auparavant relevaient de nos capacités cognitives humaines. La connaissance n'a plus valeur économique aujourd'hui. Demain l'expertise n'en n'aura plus non plus. L'intelligence ne sera plus, pour les entreprises, un facteur différenciant, elle sera une commodité accessible à tous. Ce qui primera c'est l'excellence de la relation client.

C'est ça, la transition digitale ?

On parle de transition digitale, mais on se trompe totalement. Ce n'est pas une transition, c'est une disruption. Beaucoup d'entreprises vont disparaître. Tout au moins, toutes celles dont les métiers attirent des profils qui ont une forte aversion au risque et refusent le changement. Il suffit de regarder le comportement des banques par exemple. Elles augmentent les frais, les marges se réduisent, elles ne savent pas quelle activité elles feront demain, elles n'ont pas de vision. De l'autre côté les entrepreneurs, de manière générale, sont des visionnaires qui aiment le changement, donc ça les amuse. Nous sommes en train de vivre une période où tout va changer très rapidement. Cette période est darwinienne, ce qui est adapté à l'environnement est sélectionné, émerge et se diffuse. Il n'y a plus de place pour l'inefficacité et les frictions.

Quel message voulez-vous faire passer aux entreprises en général et aux industriels en particulier ?

L'arrivée de l'intelligence artificielle dans les métiers est incontournable, obligatoire, mais elle ne sera pas un facteur différenciant parce que tous les concurrents l'utiliseront, toutes les entreprises seront rapidement au même niveau de maturité technologique. Ce qui primera et fera la différence c'est la qualité de la relation client.

Comment s'y préparer ?

Ne pas insuffler d'intelligence artificielle dans son entreprise uniquement parce que c'est à la mode. Il faut d'abord s'interroger sur ce que sera l'activité demain, si elle sera encore rentable et si elle existera toujours. Toutes les entreprises vont devoir chercher de la valeur à créer, pas uniquement à optimiser leurs processus actuels. Il faut prévoir de l'argent à perdre, comme jusqu'à présent en matière de R&D mais sur le business pour lancer des projets, en sachant qu'une minorité sera rentable. Il faut éviter les cabinets de conseil en transformation digitale :  nous vivons une période de disruption, si les taxis avaient fait appel à de tels cabinets avant l'arrivée d'Uber, croyez-vous qu'ils leur auraient conseillé de créer une application pour les mettre en relation avec leurs clients ? Voir la valeur dans le futur c'est le métier de l'entrepreneur, pas du consultant ni du gestionnaire.

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Laurence Bottero

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