La filière occitane des fruits et légumes démunie face aux ventes sauvages
Vanessa Vertus
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fruits
Rémi Benoit
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Rémi Benoit
C'est un phénomène difficile à quantifier mais qui impacte toute une filière. Les ventes sauvages de fruits et légumes sont devenues la plaie des primeurs et grossistes. Installés sur des bords de routes ou des parkings privés, des vendeurs à la sauvette français et étrangers proposent des agrumes, le produit le plus touché, à des prix défiants toute concurrence. Ce marché parallèle de vente au déballage, c'est-à-dire des marchandises vendues dans des locaux ou sur des emplacements qui ne sont pas destinés à la vente au public, est pourtant encadré par la loi comme le stipule l'article L310-2 du Code de commerce : déclaration dans la mairie du lieu de vente et limitation de celle-ci à deux mois par année civile et par arrondissement, lequel correspond à une sous préfecture. Mais pour Mihaela Streanga, juriste de Saveurs Commerce, fédération qui regroupe 14 000 détaillants spécialisés en fruits et légumes, la loi comporte des failles.
Une absence de révision de la loi qui a un coût pour les professionnels du secteur comme Didier Pigasse. Détaillant à Albi dans le Tarn et président des grossistes de Toulouse, il vend ses produits au Marché d'intérêt national de Toulouse (MIN)."En 2014, j'ai recensé six points de vente illégaux à Albi. Cette année-là, j'ai eu 40 000 euros de perte sur mon bénéfice, j'ai dû licencier un salarié. Aujourd'hui on remonte un peu la pente parce que ces ventes se sont diluées à travers la France. À Albi ils ne sont plus que deux désormais. J'ai pu embaucher un salarié à mi-temps", note Didier Pigasse.
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