« L'analyse de PwC montre qu'une amélioration de 25% de la performance portuaire [en Afrique subsaharienne .ndlr] pourrait augmenter le PIB de 2% ». C'est l'un des points saillants du nouveau rapport de PricewaterhouseCoopers (PwC), publié ce jeudi 12 avril et intitulé : « Renforcer les passerelles pour le commerce de l'Afrique ».
Conçu pour répondre aux défis auxquels sont confrontés les ports d'Afrique subsaharienne pour attirer les investissements extérieurs et mettre en évidence les avantages économiques et de croissance régionaux, ce rapport fait l'écho d'un appel à « plus d'investissement stratégique » dans les ports d'Afrique subsaharienne, afin que la région « tire parti du potentiel économique de ses ports et de son secteur maritime pour réaliser ses ambitions de croissance ».
Le document de 88 pages passe en revue l'activité et le fonctionnement des ports au Sud du Sahara et le tableau n'est pas tout à fait reluisant. Bien que de nombreux gouvernements se soient récemment mobilisés pour améliorer l'efficacité et donc la performance de leurs ports avec des visées pour le commerce transfrontalier notamment, plusieurs autres sont encore à la traîne, écorchant ainsi la compétitivité internationale de la région.
Mais alors que PwC appelle à plus d'investissement, le cabinet international clarifie : « l'investissement ne consiste pas toujours à construire de nouveaux ports ou terminaux ». Selon le rapport, l'investissement devrait être le résultat d'une prise de conscience de ce que les ports représentent pour le commerce et pour l'économie ainsi la mise en œuvre de stratégies ayant pour moteur l'efficacité et l'efficience.
Rappelant que les ports, à l'échelle mondiale, sont des portes d'entrée pour 80% du commerce de marchandises en volume et 70% en valeur, le rapport insiste sur la nécessité pour les gouvernements de changer d'approche. « L'Afrique doit changer sa compréhension du rôle que les ports peuvent jouer et intensifier les investissements pour atteindre ses objectifs de développement économique. En particulier, il devrait y avoir une plus grande prise de conscience des avantages économiques plus importants que des ports efficaces et efficients peuvent jouer », estiment les analystes.
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Le rapport pointe également le déséquilibre entre les importations et les exportations du Continent. En effet, non seulement les exportations diminuent, mais elles continuent pour la plupart d'être traitées comme du fret en vrac, car ne concernant majoritairement que les matières premières. Cependant, les importants poursuivent leur hausse et sont essentiellement constituées de produits manufacturés, donc traitées en cargaisons conteneurisées. Résultat : de nombreux conteneurs arrivant dans les ports africains retournent vides. Finalement, une importante capacité des ports régionaux reste inexploitée, tout cela pour des coûts logistiques toujours plus élevés.
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De l'avis de PwC, le passage de l'exportation de matières premières à « l'exportation de produits manufacturés, semi-finis ou agricoles » est le gage d'un rééquilibrage du commerce de l'Afrique subsaharienne avec le reste du monde qui permettrait à la région de pleinement tirer parti du potentiel de ses ports. Là encore, indiquent les analystes, l'intervention en amont des gouvernements est nécessaire, afin de bâtir un cadre légal clair dans lequel industriels et investisseurs pourraient interagir.