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Économie - La Tribune Région Sud

La filière navale face à ses nouveaux métiers 2/2

Maëva Gardet-Pizzo

Publié le 23 septembre 2019 à 17:58 - Mis à jour le 23 septembre 2019 à 18:05

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Les nouvelles technologies ont transformé les métiers du naval, et avec lui ses besoins en recrutement. Une tâche pas toujours aisée sur un marché du travail déjà en tension. A moins que cette modernisation ne soit un outil d’attractivité, auprès des plus jeunes en particulier.

Les opportunités numériques dans la filière navale sont nombreuses. Reste à trouver les talents qui pourront les concrétiser. D'autant que la filière navale fait partie de ces secteurs en tension où la main d'œuvre ne suffit pas à combler les besoins des entreprises. Pour l'expliquer, différents facteurs peuvent être cités parmi lesquels une activité très cyclique qui rebute, une polyvalence nécessaire que ne parviennent pas toujours à nourrir les organismes de formation ou tout simplement "un déficit d'attractivité dont pâtit l'ensemble de l'industrie", comme le pointe Laurent Silvestrini, responsable de l'observatoire emploi IUMM PACA.

Chez Naval Group, Véronique Joubert reconnaît "des difficultés temporaires de recrutement". Pour les pallier, deux leviers sont activés. La formation interne en premier lieu. "Nous accompagnons nos collaborateurs avec Naval Université, notre centre de formation ouvert également à nos clients". Le recrutement externe dans un second temps. "En 2019, nous comptons recruter 1300 nouveaux collaborateurs". Parmi eux, des profils avec des compétences pointues en matière de nouvelles technologies. Mais l'offre de formation en est encore à ses balbutiements. Alors les organismes tels que l'IUMM et le Pôle Mer Méditerranée, en partenariat avec des entreprises comme Naval Group, essaient de la développer pas à pas.

"La demande est importante", confirme Alain Guilbert, chargé de mission emploi-formation au Pôle Mer Méditerranée. "Il faut mettre au point de nouvelles formations et faire rentrer les technologies numériques dans la filière de la réparation navale". Ainsi, en partenariat avec différents partenaires publics et privés dont l'IUMM, le Pôle Mer a lancé un BTS mécatronicien naval. Avec Naval Group, il a aussi mis en place une licence professionnelle en maintenance navale qui a fait sa première rentrée en septembre dernier. Une promotion d'une vingtaine d'étudiants en alternance dans des chantiers de la région.

Pour Laurent Silvestrini, de nombreuses formations liées aux nouvelles technologies dans l'industrie existent déjà. L'enjeu serait de les "navaliser", en "les complétant avec des modules spécifiques, avec une coloration navale". Et de citer "la navalisation en cours d'un bachelor sur les industries du futur" proposant des dispenser des connaissances en matière de big data, e-maintenance ou encore de supply chain.

Des métiers plus sexy ?

Le numérique nécessite donc une adaptation de la main d'œuvre. Mais ne pourrait-il pas aussi être la solution pour l'attirer à nouveau ? "S'il y a bien une difficulté, c'est d'intéresser les jeunes" observe Véronique Joubert. "Le fait que l'on utilise le numérique peut contribuer à donner une image moins ringarde à ces métiers, à montrer qu'ils ne sont pas si éloignés du quotidien des jeunes. Cela peut les intéresser. C'est en tout cas un argument qui leur permet de mieux se projeter dans ces métiers".

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Et de mettre en avant "le transfert de technologies entre chaque génération de collaborateurs, pour faire intervenir sur un même bateau des techniques vieilles de 45 ans et des technologies en pointe. Cela permet aux collaborateurs de s'enrichir mutuellement". Ainsi, les plus anciens enseignent aux derniers arrivés des gestes que l'on n'apprend même plus à l'école. A l'inverse, les plus jeunes peuvent mettre en avant leur aisance face au numérique, quittant la posture de simples exécutants reproduisant un savoir-faire qui les précède.

Un constat que partage Laurent Silvestrini, et qui s'applique selon lui à l'ensemble de l'industrie. "A l'IUMM, nous essayons de rendre compte de la réalité de l'industrie qui a énormément évolué ces dernières années. L'industrie du futur permet de se positionner au mieux à l'international, face à la demande des consommateurs. Cela implique une montée en compétences et revalorise des métiers longtemps considérés comme manuels et d'exécution. Désormais, l'industrie peut être stimulante. Pour des jeunes comme pour des moins jeunes".

Maëva Gardet-Pizzo

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