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Économie - La Tribune Région Sud

Christian Estrosi : "Le PEX n'est pas un projet, c'est un aboutissement"

Laurence Bottero

Publié le 06 février 2020 à 19:04 - Mis à jour le 06 février 2020 à 19:13

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Si l'annonce de la démolition de l'actuel Palais des Congrès Acropolis a créé la surprise, en fond, la raison est d'ordre économique. C'est qu'en termes de tourisme d'affaires, Nice peut vraiment mieux faire dit son premier magistrat. C'est exactement la mission du futur Palais des Congrès et des Expositions prévu pour s'installer au cœur de l'Eco-Vallée. Un projet qui devrait entrer en phase de concrétisation rapidement. Et la CDC est déjà prête à s'impliquer.

Bien sûr, Christian Estrosi le précise bien : si le prochain scrutin municipal le fait maire pour la troisième fois, il pourra "appuyer sur le bouton". Et si d'aventure ce n'était pas le cas... le fameux PEX - un nom de code qui d'ailleurs ne lui plaît pas - ne devrait pas être morne plaine pour autant.

Il faut dire que le projet d'un Palais des Congrès et des Expositions à l'ouest de la ville, dans le quartier de l'Eco-Vallée est depuis longtemps évoqué. Depuis 2008 exactement puisqu'il fait partie des quatre opérations déclarées prioritaires de l'EPA Nice Eco-Vallée, inscrite dans le marbre via le protocole de partenariat signé en 2012 et confirmé l'an dernier en 2019.

Si on a maintes fois évoqué ce Palais comme l'un des éléments majeurs de l'aménagement de la vallée du Var, reste que pour beaucoup, le tout en était encore à l'état de projet et pas prêt à devenir rapidement une réalité. C'est justement tout le contraire. Le PEX est bel et bien sur les rails.

Gagner en attractivité

Et la raison est essentiellement économique. Nice et la Côte d'Azur sont attractives, indéniablement. Sauf que manque un équipement capable d'accueillir des événements de grande envergure, alors que les demandes entrantes sont là. En clair, c'est donc Nice et tout le département qui passent à côté de jolies opportunités. Et ça, c'est pas bon, surtout à long terme.

La reprise en régie municipale du palais Acropolis en 2017 constituait, en fait, un bout de la stratégie. Une remise aux normes plus tard - valable jusqu'en 2024 - Acropolis enregistre des chiffres certes meilleurs que lors de la gestion assurée par GL Events dit la municipalité mais demeure bel et bien la problématique de la capacité d'accueil de grands événements. Et une nouvelle mise aux normes après 2024, qui exigerait 18 M€ d'investissement. Le palais posé en centre-ville compile actuellement 70 jours de congrès auxquels il faut associer 30 jours de montage. Soit 100 jours d'occupation au total... ou dit autrement, 1/3 du potentiel utilisé. "Il y a une case que nous ne cochons pas et cela nous le savons depuis 2008", dit encore Christian Estrosi qui a pour objectif d'augmenter le taux d'occupation de 70 %.

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Un bâtiment qui étonne

Pour cela il faut donc une infrastructure adaptée. Autant sur le fond que sur la forme. Sur le fond, ce sera donc un Palais des Congrès et un Parc des Expositions à la fois, le bon combo pour attirer les congrès majeurs. "Tous les retours d'expérience l'illustrent parfaitement" indique Christian Estrosi. Un ensemble qui occupera donc 70 000 m2 incluant 4 000 places d'auditorium sur 25 000 m2 côté congrès - soit autant que chez les concurrents que sont Vienne et Madrid - et 60 000 m2 de surface d'exposition dont 15 000 m2 mutualisés avec les congrès. Ce qui évidemment est mieux que l'actuel Acropolis, avec ses 13 000 m2 et ses 2 500 places.

Le fond, cela concerne également la structure juridique. Pour l'heure, le choix penche plutôt pour la société d'économie mixte, la SEM "permettant à la collectivité de rester majoritaire, la gestion se faisant comme une société de droit privé mais sachant prendre en compte l'intérêt général".

Sur la forme, il faut compter sur l'habituel esprit perfectionniste du maire de Nice pour être attentif au geste architectural. D'ailleurs, il le dit bien, "il faut que ce soit un bâtiment qui étonne". Les candidats aux concours d'architecture, qui doit être lancé au cours du premier semestre, sont donc prévenus... Les résultats sont attendus pour la fin de l'année.

La CDC engagée... à nouveau

Quid, alors, du financement ? D'après les études menées, 250 M€ TTC sont nécessaires. Pour le montage financier, c'est l'alliance entre le public et le privé qui sera privilégié. "Plusieurs partenaires potentiels se sont déjà mis sur les rangs", révèle Christian Estrosi qui consent à révéler cependant un nom, mais un seul, celui de la CDC, partenaire historique des projets du territoire dont le tramway. Un allié presque "naturel" donc. "Nous ne voulons pas plus de deux, trois partenaires fiables. Nous ne voulons pas de ceux qui viendraient faire un tour d'essai", insiste le premier magistrat. Qui insiste pour dire que des intérêts de la part d'organisateurs se sont déjà manifestés et qu'il s'agit beaucoup de santé, de mobilité, de design, de numérique et d'aérospatial. A charge, désormais, évidemment à la nouvelle agence d'attractivité, Open New Horizons, d'aller porter la bonne parole. On imagine que le prochain MIPIM - l'un des rendez-vous traditionnels de Nice Eco-Vallée pour rencontrer les investisseurs - va aussi pousser ce nouvel élément du territoire. 800 M€ de retombées économiques annuelles sont attendues dès la passage à la phase opérationnelle. Laquelle devrait intervenir dès la fin 2024.

Un nouvel outil qui, insiste Rudy Salles, l'adjoint en charge du tourisme va servir toute la Côte d'Azur. Christian Estrosi, lui, ne voit pas dans tout cela le début d'une aventure mais une suite logique. "Il y a eu des études, des étapes, des procédures... Ce n'est pas un début, mais un aboutissement".

Laurence Bottero

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