Le combat de David Lisnard pour sauver le soldat MICE
Laurence Bottero
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L'annulation des rendez-vous BtoB, des salons professionnels et autres conventions professionnelles a fait grand bruit depuis le début du mois de mars, marquant significativement le début d'une crise dont on n'imaginait alors ni l'impact, ni la durée.
Ces reports, annulations ou transformations en un événement digitalisé sont pourtant un peu l'arbre qui cache la forêt. Car ils ne sont par hors-sol mais bien totalement intégrés à une dynamique économique et territoriale, irriguant des myriades de sous-traitants et prestataires, généralement des TPE PME qui vivent et ancrent leurs business modèles sur ces manifestations BtoB, récurrentes.
Cette activité appelée MICE (pour Meeting, Incentive, Congress et Event ou Exhibition) est pourtant assez absente des écrans radars. Si l'annulation d'événements prestigieux dont le Festival du Film prévu pour se tenir au mois de mai à Cannes a beaucoup fait parler de lui, il semblerait que la filière toute entière ne soit pas vraiment au centre des préoccupations, notamment du gouvernement qui n'envoie pas les signaux attendus. Pire, qui semble totalement ignorer cette filière pesant, selon une étude parue fin 2019, 32 milliards d'euros.
"Personne n'évoque ce secteur, majeur en France" s'indigne David Lisnard. "Alors que c'est un secteur sur lequel nous sommes compétitifs. Nous sommes la première région de France pour le MICE. Or, nous constatons une inertie. Il faut des annonces fortes, maintenant, pour sauver 2021", exhorte le maire de Cannes qui sait bien de quoi il retourne. Et qui voit le Palais des Festivals et des Congrès de la ville enregistrer une perte de chiffre d'affaires de l'ordre de -55 % à -60 %.
Et David Lisnard va plus loin que souligner les faits. Ce qu'il faut ce "sont des hypothèses de retour des événements, avec des scénarios réglementaires et sanitaires qui permettent de traiter sans confinement. Or, il n'existe toujours pas de doctrine fiable".
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Ce qu'il faut c'est un déclencheur, un signal qui décide les organisateurs à tenir leurs congrès, salons ou séminaires. Car tout est aussi question de business, de positionnement et, au final, d'attractivité. "Les organisateurs - David Lisnard est en échanges permanents avec France Congrès, ViParis ou GL Events - ont besoin que les événements se tiennent. L'Allemagne est en train de prendre de l'avance sur nous. Nous sommes sur des niches, nous sommes très forts sur certains segments", et c'est cette différenciation qu'il est essentiel de conserver. On ne redira pas encore pourquoi...
Laurence Bottero