La Camargue, laboratoire de la transition écologique ? La riziculture 2/3
Maëva Gardet-Pizzo
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Si la Camargue est une grande discrète, ses grains de riz d'à peine quelques millimètres peuvent s'avérer très bavards. Car lorsque l'on s'y penche, ils racontent beaucoup de notre rapport à l'alimentation, à l'environnement, des relations complexes entre écologie et économie.
L'histoire du riz en France est ancienne. En 1593, Henri IV ordonne la culture de la céréale en Camargue. Au XIXème siècle, l'endiguement du Rhône entraîne une importante salinisation du delta. Le riz, de par l'apport d'eau douce qu'il exige, permet de contrer le phénomène et de rendre les terres cultivables.
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'importants travaux d'aménagement ainsi que la construction de stations de pompage, d'usines et de silos de stockage.Jusque dans les années 1960, la riziculture camarguaise est à son apogée avec 35 000 hectares cultivés. Un chiffre qui décroîtra ensuite au fil des années, pour n'atteindre que 14 000 hectares aujourd'hui.
Les causes de ce recul sont multiples. La baisse des aides publiques en 2014 a été particulièrement rude. Alors que le riz représentait 20 000 hectares en Camargue, le gouvernement a choisi de cesser la distribution des aides européennes pour l'agriculture qui lui étaient dédiées. Un coup dur compensé partiellement par des Mesures agro-environnementales (MAE) portées par les Régions. "Mais la Région Sud vient de les supprimer. Nous avons demandé une audience à Renaud Muselier, sans réponse pour le moment", regrette Bertand Mazel, président du Syndicat des riziculteurs de France. Le riz est pourtant une céréale qui demande beaucoup d'attention et d'investissement, l'environnement aqueux étant le nid de bon nombre de nuisibles.
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Moins soutenus, les producteurs sont en parallèle soumis à une pression forte de la grande distribution qui représente 80 % de leurs débouchés. "L'alimentation est un point important pour ces distributeurs. C'est le seul marché sur lequel ils ne sont pas trop concurrencés par le commerce en ligne donc ils augmentent leurs marges". Au détriment des producteurs puisqu'il faut maintenir des prix attractifs.
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