Christian Saint-Etienne : "Le new normal ne sera pas avant 2022"

Laurence Bottero
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Photo d'illustration
Marie-Lan Nguyen

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Le plan de relance est-il un bon plan ? Pour l'économiste Christian Saint-Etienne, pas de doute, "il fallait exactement faire ce type de plan". Un bon point donc pour le gouvernement, qui - pour poursuivre dans la métaphore scolaire - mériterait, s'il était une copie d'étudiant, un valeureux 16/20 quand "on aurait pu avoir une copie qui ne mérite que 6/20", indique l'auteur de "Le libéralisme stratège contre le reste du monde".
Mais Christian Saint-Etienne tient d'abord à replacer le tout dans son contexte. "En janvier 2020, nous n'étions déjà pas très bien", économiquement parlant s'entend, avec "une désindustrialisation de la France depuis une vingtaine d'années, 3 % de déficit public, 33 points de PIB pour la dépense sociale". Pas tout à fait le cadre idéal pour une croissance. "Nous sommes arrivés dans cette crise très affaiblis, à genoux". Et l'économiste d'ajouter que nous vivons actuellement le "deuxième temps de la valse et que le gouvernement communique très mal sur ce qu'il met en place", étant considéré que le premier temps de cette même valse est ce que le gouvernement a fait pendant la crise, avec là, pour le coup, une communication plutôt claire et limpide. Même si, ledit gouvernement a été "presque trop généreux", mais "que si cela a permis d'éviter l'écroulement"... c'est bien ce qui compte.
Le plan de relance est donc le bon mais il faut s'attendre au troisième temps de la valse, qui devrait prendre place à l'automne et où il va falloir y aller fort sur la reboost économique. Christian Saint-Etienne plaide notamment pour un fort renforcement des fonds propres des entreprises qui de 3 milliards d'euros - c'est ce que comprend le plan de relance - devrait atteindre, pour être efficace, 70 milliards d'euros. "Il va falloir transférer un million de personnes engagées dans des activités qui vont disparaître ou qui vont être restructurées, vers des activités qui sont en bonne santé". Et autant parler formation. "Il va falloir mettre en place des initiatives sur la formation, avec les unions patronales. Si quelqu'un peut former rapidement et bien, c'est bien l'entreprise". Bref, il va falloir laisser du temps au temps et accepter que le "nouveau normal ne sera pas avant 2021-2022".
Laurence Bottero