Les services, talon d'Achille de l'économie, l'industrie réel moteur
Rémi Baldy
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Le traditionnel rendez-vous est cette fois un peu particulier. Crise sanitaire oblige, la Banque de France a bouleversé ses prévisions. Surtout, l'établissement bancaire donne des indications sur l'impact économique de la Covid-19. "Les services représentent la moitié des emplois en Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec le confinement ils ont été très impactés", explique Jeannine Roghe, directrice régionale de l'établissement bancaire. "Ce secteur a été notre talon d'Achille pendant la crise", appuie le secrétaire régional Bernard Benitez.
L'indicateur du climat des affaires, qui synthétise différentes données pour dégager la tendance de la conjoncture selon les chefs d'entreprises, a chuté de 60 points au plus fort de la crise. A titre de comparaison, il n'a baissé "que" de 20 points lors de la crise de 2008. Mais avec une reprise beaucoup plus lente. Cette sous-activité flagrante est directement lié au confinement, comme en témoigne le taux d'activité. En avril, il n'était que de 46% avant de rebondir rapidement à 80% en juin, puis à 87% en août.
Cet arrêt brutal s'est également fait ressentir dans la construction avec un taux d'activité de 32% en avril. "Les chantiers se sont préparés pour redémarrer dès que possible, la reprise a été rapide", note toutefois Jeannine Roghe. En effet, le taux d'activité bondit à 91% dès juin puis 96% durant les deux mois d'été. "Il va revenir à 100% fin septembre", précise Bernard Benitez.
Finalement, c'est l'industrie qui sort du lot. "Il n'y a presque pas eu d'arrêt dans la région, la plupart des entreprises ont adapté leur production", explique encore Bernard Benitez. Le taux d'utilisation des capacités de production n'a chuté "que" de 21 points en mars et avril. "La demande a été forte dans l'agroalimentaire et l'électronique. Ce sont plutôt la pétrochimie et la métallurgie qui ont tiré les chiffres vers le bas". Une performance globale qui s'explique par le rapide équipement des sociétés en masques ou gel hydroalcoolique et aussi parce que la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a été plutôt épargnée lors de la première vague de la Covid-19.
Rémi Baldy