A Nice, les fournisseurs du CHR créent un consortium de défense (avec des idées pour la relance)

Laurence Bottero
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Elles sont quatorze - grossistes en boisson, brasseurs, agents en vin - et elles ont décidé de laisser de côté l'aspect concurrentiel du business pour rassembler leur colère et leur incompréhension en un mouvement qui ne se veut pas seulement revendicatif mais aussi productif.
Revendicatif car lorsque les restaurateurs et les cafetiers sont dépourvus d'activité, les fournisseurs en boissons pour les professionnels aussi. Sauf que cela est moins su, moins médiatisé et que, comme lors du premier confinement en mai dernier, la filière n'a pas d'autres solutions immédiates que de prendre son bâton de pèlerin pour se faire entendre.
Plutôt que de faire résistance chacun de son côté, ces TPE PME ont choisi de faire front commun. D'où l'idée de se réunir sous un consortium capable de se faire entendre. Car, comme ce fut le cas en mai dernier, c'est auprès des parlementaires et des municipalités que ces patrons d'entreprises, familiales ou récentes veulent obtenir un premier gain de cause : une aide financière capable de les aider à passer le cap.
Alors que les restaurants et les cafés peuvent bénéficier de mesures d'aide, il n'en n'est rien pour les fournisseurs de ces professionnels. « Lors du premier confinement, nous avions déjà été oubliés. Le travail de la Fédération nationale des boissons nous a permis d'être intégrés au plan tourisme », raconte Louis Bonifassi qui dirige, avec son frère, la Maison Bonifassi, entreprise familiale basée à Nice, grossiste en boissons. Deuxième confinement et nouvel oubli dans les mesures gouvernementales. Lourd de conséquences car la saison estivale, privée de clientèle internationale n'a pas vraiment permis à la filière de connaître une activité suffisamment forte pour envisager une reprise sereine. « Le tourisme international n'a pas été possible cet été et nous n'avons pas bénéficié de la clientèle franco-française », analyse Louis Bonifassi. Seul levier possible, le chômage partiel qui a été activé, même durant la période estivale afin de limiter les dégâts. « Nous avons été obligés d'être le couteau suisse, gérant, notamment pendant le confinement, les tâches administratives, les appels téléphoniques, les quelques livraisons qui nous restaient ».
Laurence Bottero