Lionel Canesi : « Aucune loi ne devrait être élaborée sans les experts-comptables »
Laurence Bottero
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La Tribune - Vous êtes depuis ce matin le nouveau président du Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables. Vous estimez - et vous défendiez déjà l'idée lorsque vous étiez président de l'Ordre dans la région Sud - que l'expert-comptable doit être mieux considéré dans son rôle de conseiller, notamment par le gouvernement.
Lionel Canesi - L'expert-comptable doit être remis au cœur de l'économie. Notre rôle de chef d'entreprise est de faire le lien entre les dirigeants et le gouvernement. Dans les deux sens. Un expert-comptable est un chef d'entreprise qui accompagne d'autres chefs d'entreprise. Et une loi, un règlement comme une aide - ainsi que nous le voyons depuis le début de la crise - pour qu'elle soit efficace, doit être comprise. Nous sommes en capacité de faire remonter ce que nous entendons et ce que nous percevons du terrain. Surtout, c'est bien l'expert-comptable qui effectue le SAV des lois et qui en assure la pédagogie. Ce que je souhaite, c'est que plus aucune loi ne soit élaborée sans les experts-comptables.
Vous avez interpellé le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, il y a quelques semaines, dans les colonnes de La Tribune, notamment pour demander à ce que les chefs d'entreprises puissent bénéficier d'une indemnisation partielle.
La santé morale et la confiance des dirigeants de TPE PME sont essentielles. Si ces dirigeants sortent rincés de la crise, il n'y aura pas de relance. Il existe aujourd'hui un sentiment de lassitude. Or, le véritable enjeu, c'est de garder les entreprises en vie. En effet, je demande au ministre de l'Economie d'accorder une indemnisation partielle aux chefs d'entreprise, calquée sur la rémunération d'activité partielle accordée aux salariés. Je rappelle que toutes les aides accordées le sont aux entreprises - paiements des fournisseurs, des sous-traitants - pas à leurs dirigeants. Qui n'ont pas de protection pour eux-mêmes. Et qui sans activité, ne génèrent aucun chiffre d'affaires et ne peuvent se rémunérer. Aujourd'hui, les fonds de solidarité sont de vraies usines à gaz. Certaines entreprises sont identifiées par des codes APE qui ne correspondent pas à leur activité, ce qui les empêche de prétendre à certaines aides. Or, je le répète, si on veut encourager, favoriser la relance, il faut conserver les entreprises en vie.
Laurence Bottero