Crise, couvre-feu : ce que veulent les acteurs économiques du Sud
Rémi Baldy
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"On n'a pas l'habitude de se faire remercier", dit dans un sourire Renaud Muselier. Le président de la Région Sud s'adresse ainsi aux acteurs économiques du territoire, des chambres consulaires aux organisations patronales en passant par des représentants des fédérations de secteurs. Tous sont réunis pour une table ronde, initiée précisément par le conseil régional. Le sujet central, évidemment, la crise, le couvre-feu et le manque de visibilité.
Une crise qui n'est pas encore terminée. Renaud Muselier a ainsi pu détailler les dispositifs qui sont mis en place pour soutenir les chefs d'entreprises. Aux représentant de ces derniers ensuite d'exprimer les doutes et leurs attentes pour les prochains mois. "L'échange d'aujourd'hui c'est pour savoir comment vous avez encaissé ça et comment nous nous organisons pour anticiper ce que nous ne souhaitons en aucun cas : un reconfinement", explique le président de la collectivité.
Le mot est lâché. "Le reconfinement, ça nous tétanise", reconnaît Alain Gargani, président de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises des Bouches-du-Rhône (CPME 13). "Aujourd'hui, les procédures au tribunal de commerce sont peu nombreuses, mais si nous ne faisons rien il y aura des successions de faillites", prévient-il. Les différentes aides ont jusqu'à présent permis aux entrepreneurs de tenir, mais il faudra bien payer.
"D'abord, il faut être sûr que le remboursement du PGE soit reporté. Nous demandons qu'il soit quasi transformé en propre, voire annulé, car nous ne savons pas quand nous pourrons le payer", plaide Alain Gargani. Il avance notamment l'idée d'un "prêt consolidation qui serait amortissable sur dix ans par exemple" afin de couvrir toutes les charges qui s'accumulent malgré le ralentissement ou l'arrêt de l'activité. Comme beaucoup, le président de la CPME Sud demande de "la visibilité".
Yvon Grosso, président du Medef Sud, va plus loin. En plus de maintenir les aides, il souhaite que cela se fasse sur toute l'année : "Il faut oser enjamber 2021 plutôt que de reporter les décisions tous les quinze jours, nous serons beaucoup plus sereins. Les entreprises arrêteraient d'en bénéficier dès que cela irait mieux, le but n'est pas de les mettre sous perfusion ou étatisation".
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