Plan de relance, moral des patrons, PGE… ce qu’en dit Yvon Grosso, le président du Medef Sud

Laurence Bottero
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LA TRIBUNE - La possibilité d'un troisième confinement ne s'est pas éloignée et le rythme de vaccination n'est pas ce qu'il était espéré. Dans ce contexte, quel est le moral des patrons ?
YVON GROSSO - La question qui taraude aujourd'hui les patrons c'est comment gérer le lien social, chacun avec sa façon d'être. Les Unions patronales, sur le territoire, ont notamment mis en place des dispositifs pour soutenir les chefs d'entreprise. Des chefs d'entreprise dont le moral est en dents de scie, un peu en forme de W, avec des phases de hausses et de baisses. On imaginait que le mois de septembre serait un mois de reprise économique à plein. Il n'en n'a rien été. Il convient de saluer la puissance publique qui a injecté l'argent nécessaire et évité les effets collatéraux. Je rappelle que le sujet ce n'est pas le sanitaire contre l'économie. Il faut trouver un équilibre, le bon équilibre sanitaire et continuer à faire vivre l'économie. Comme je l'ai déjà dit, je demande à ce que tous les dispositifs d'aide soient reconduits jusqu'en 2021. Nous allons devons faire, désormais avec d'autres pandémies, nous le savons. Il faut aussi revoir l'aide à la recherche publique, qui accuse -30 % de subventions publiques et qui est 2 à 3 fois moins importante qu'en Allemagne. Le chef d'entreprise ne peut pas baisser les bras, il doit avoir cette foi, cette envie d'avancer. Il est toujours bon de rappeler que sans entreprise, il n'y pas de création de richesse.
Que pensez-vous du plan de relance - notamment celui pour l'industrie ?
Le risque de ce Plan est qu'il décourage les investissements des PME. Nous sommes attentifs également à ce que tout cela se fasse dans le cadre de la RSE. Je le répète, la raison d'être du Medef c'est de « agir ensemble pour une croissance responsable ». Il faut aussi comprendre qu'il faut du temps pour transformer une chaîne de production. Il faut accorder plus de temps à la transformation des entreprises. Le plan de relance est nécessaire. Mais il faut aussi être attentif à ne pas rajouter des procédures qui pourraient ralentir les entrepreneurs. Et il faut surtout être attentif à ce que ce plan de relance soit utilisé au max.
Laurence Bottero