Face à la crise, le Crédit Agricole Alpes-Provence affirme sa proximité avec le territoire
Maëva Gardet-Pizzo
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Rares sont les banques à s'exprimer publiquement en ce début d'année tant 2020 a été éprouvante. Le Crédit Agricole Alpes-Provence fait figure d'exception, organisant même une conférence de presse, qui plus est en présentiel. Signe que la situation n'est pas si catastrophique pour la caisse régionale Alpes-Provence qui couvre les territoires des Hautes-Alpes, du Vaucluse et des Bouches du Rhône. Malgré un résultat net en chute de 35,6 %, elle enregistre une hausse des encours de crédits de +7,6 %. Cette croissance des encours s'élève même à +9,5 % pour les professionnels et les entreprises. « C'est le signe d'une économie du territoire étonnamment résiliente », se réjouit Serge Magdeleine, directeur général du CAAP.
Un territoire qui a néanmoins beaucoup souffert. En témoigne le haut niveau de PGE accordés, comparativement au reste de la France. Peut-être du fait de la place importante du tourisme et de l'événementiel dans l'économie locale, particulièrement en difficultés, comme le suppose le directeur général.
Pour accompagner les entreprises qui souffrent, dans ce secteur mais pas seulement, la caisse régionale a mis en place une série de mesures d'urgence.
Ainsi, en plus de dons à l'Agence régionale de santé, à l'AP-HM ou à diverses actions via la Fondation CAAP, la banque a distribué 590 millions d'euros de Prêts garantis par l'État, ce qu'elle compte poursuivre encore cette année. Elle a par ailleurs octroyé 21 000 pauses de mensualités de crédits pour permettre aux entreprises et professionnels de réduire un tant soit peu leurs charges.
Pour répondre aux besoins de ses clients, elle a tenu à maintenir ses agences ouvertes dès le premier confinement, convaincue que le modèle basé sur les agences est « extrêmement résilient » -, tout en digitalisant la totalité de ses services et en gagnant en souplesse.
« Nous nous engageons dans une démarche « agile à l'échelle » », assure Serge Magdeleine. « Dans le monde des technologies d'où je viens, on fonctionne sur des cycles de trois mois. C'est un peu ce qui vit l'ensemble des entreprises aujourd'hui. On ne sait pas ce qu'il se passera dans trois mois. Il faut avoir une capacité à se transformer en interne pour faire face à tout type de situation. Quand on met en place une offre, il faut désormais le faire en 2 jours, contre 3 ou 4 mois auparavant ». C'est dans cette volonté d'agilité qu'a été mis sur pied un plan dédié aux professionnels de la montagne. « Nous avons un réseau d'élus qui sont nos vigies du territoire et de l'économie de ses filières », explique Franck Alexandre, président du Conseil d'administration. « C'est ainsi que les besoins des saisonniers nous sont remontés depuis les caisses locales. Pour les aider à passer le cap de la fermeture des stations de ski, nous avons mis en place un PGE saisonnier ». Et ce, en deux jours.
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