Comment les universités régionales ont ouvert leurs portes au monde de l’entreprise
Maëva Gardet-Pizzo
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Patricia Merdy est enseignante-chercheuse à l'Université de Toulon. Son domaine d'investigation, c'est la chimie de l'environnement, et notamment la pollution en mer qu'elle tente de détecter dans le cadre d'un projet mené en partenariat avec le groupe Veolia.
A l'université Côte d'Azur, Xavier Fernandez cumule les casquettes de professeur de chimie, de vice-président en charge de l'innovation et de la valorisation de la recherche et de directeur scientifique de l'entreprise de cosmétiques Nissactive.
Depuis plusieurs années, le CV d'un nombre croissant d'enseignants-chercheurs s'étoffe, ajoutant aux publications scientifiques et directions de thèses d'autres expériences liées au monde de l'entreprise. La création de startups à l'université, les partenariats public-privé, l'organisation de chaires industrielles conduites par des pointures de la recherche publique sont ainsi devenues monnaie courante dans la vie des universités du territoire. Bien loin le temps où ces deux mondes semblaient fonctionner en silo.
La première pierre de ce changement de paradigme est posée en 1999 avec la loi sur l'innovation et la recherche initiée par Claude Allègre. « Cette loi a été une révolution », se rappelle Marc Barret, directeur des opérations d'innovation dans le cadre du programme Innovation Idex mené dans plusieurs structures de recherche et de formation dont l'Université Côte d'Azur. « Elle a officialisé et rendu propre et bien le fait que des chercheurs aient des liens avec des entreprises ». Liens qui n'ont pas attendu la loi pour exister mais qui étaient jusqu'alors mal-vus et donc plutôt dissimulés. « La loi a permis de mettre au clair les contrats de transfert de technologies pour que les relations soient gagnant-gagnant, que les entreprises gagnent de l'argent sans pour autant piller la recherche publique ».
La loi Allègre offre une marge de liberté pour les chercheurs et les universités qui voudraient s'ouvrir au monde de l'entreprise. Puis cette ouverture devient une nécessité au moment de la loi relative aux libertés et aux responsabilités des universités (LRU) portée par Valérie Pécresse en 2007. « Il y a eu un gros mouvement social contre cette loi qui consiste en fait en un désengagement financier de l'État. Elle a rendu les universités plus autonomes, notamment en matière budgétaires. Cela les a obligées à diversifier leurs sources de financement », explique Patricia Merdy, vice-présidente de l'université de Toulon en charge de la valorisation de la recherche.
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