Les universités, gisements de création entrepreneuriale
Maëva Gardet-Pizzo
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« L'université a beaucoup changé », observe Xavier Fernandez, vice-président en charge de l'innovation et de la valorisation de la recherche à l'Université de Côte d'Azur. « Au lieu de passer par le transfert de savoir-faire au moyen de licences d'exploitation, de plus en plus de collègues se lancent dans l'aventure entrepreneuriale, souvent en s'associant avec des entrepreneurs en série qui connaissent bien le business. » Une démarche qui reste certes minoritaire parmi les enseignants-chercheurs, mais qui se développe de manière très significative depuis quelques années.
Ce basculement s'explique d'abord par la loi Allègre de 1999, qui permet aux chercheurs de s'engager dans ce type d'aventure sans perdre leur statut, ainsi que par tout un panel de dispositifs visant à réduire les risques, et donc à convaincre les plus hésitants de franchir le pas.
Parmi ces dispositifs, les Sociétés d'accélération de transfert de technologie, les incubateurs spécialistes des innovations issues de la recherche publique mais aussi des outils plus locaux.
Marc Barret est en charge du programme Innovation Idex, un projet PIA lancé en 2016 pour booster la recherche et l'innovation, porté par l'Université Côte d'Azur et d'autres acteurs de la recherche et de la formation comme le CHU de Nice ou encore le CNRS. « Nous disposons d'un fonds qui investit sur des projets que l'on fait mûrir pour les aider à passer le cap de la preuve de concept ou du prototype », explique-t-il. 50 000 euros sont en moyenne alloués à chacun de ces projets, sélectionnés dans le domaine des deeptechs (technologies nécessitant de longues années de recherche), et présentant un niveau de risque relativement élevé qui ne leur permet pas de bénéficier de financements privés. 15 startups sont actuellement en cours de création dans ce cadre, portées par deux types de profils. « Il y a un public de jeunes doctorants qui ont des problématiques de formation et de sensibilisation à l'entrepreneuriat. Et depuis un ou deux ans, on assiste à une amplification du nombre de seniors, des chercheurs avec une carrière bien avancée qui ont envie de créer une entreprise ».
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