Dans le Sud, la logistique manque de main d'œuvre
Rémi Baldy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
iStock
Rémi Baldy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
iStock
Variable d'ajustement par excellence, le besoin en intérim est souvent un bon indicateur de l'activité économique. Et sur ce point-là, la crise sanitaire et ses mesures de restrictions laissent encore des traces en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. "Au premier trimestre 2021, le niveau de recours au travail temporaire est en recul de 8,67% par rapport à la même période en 2020", avance Thierry Abad, directeur régional PACA au sein du groupe de service RH Synergie, en se basant sur les chiffres du syndicat Prism'emploi. Sur le seul mois de mars, qui marquait l'année précédente le début du confinement, le taux est stable (0,74%). "La reprise est moins flagrante que sur les autres régions, mais cela correspond avant tout à une pénurie de personnel", affirme Thierry Abad.
Parmi les secteurs en peine pour recruter figure la logistique selon le directeur régional. Dans son baromètre emploi, Synergie pointe cette activité comme "un moteur de l'emploi régional" et note que dans le top 10 des métiers les plus recherchés par les entreprises six y sont directement liés. En clair, il n'y a aucune difficulté à trouver un emploi sur ce secteur d'activité. "La tendance s'inscrit depuis plusieurs trimestres, c'est notamment provoqué par l'évolution des modes de consommations avec l'explosion du e-commerce", note Thierry Abad. Un besoin d'autant plus fort dans les Bouches-du-Rhône "compte tenu de la situation géographique du département et de la présence du port", selon lui.
Au-delà de la logistique, "le BTP se trouve également dans une situation similaire", indique le directeur régional. Deux secteurs aux besoins récurrents qui correspondent à la physionomie économique du territoire. C'est donc en toute logique le cas aussi pour l'industrie. Sur cette activité toutefois, Synergie dégage une nouvelle tendance liée aux énergies renouvelables. "Il y a beaucoup de projets autour de l'éolien et cela donne naissance à des besoins sur des nouveaux métiers", explique Thierry Abad. "Cela peut être intéressant de créer des passerelles vers des professions qui ont une compétence technique similaire ou transférable comme dans le naval ou l'aéronautique", ajoute-t-il. En revanche, pas de miracle pour l'hôtellerie et la restauration qui restent sinistrées. Ce qui laisse entrevoir une reprise plus rapide des embauches lorsque le tourisme reprendra et que les restrictions sanitaires seront levées.
Rémi Baldy