Brevets : comment le Sud appuie sur le champignon de l’innovation
Laurence Bottero
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Il y a des podiums qui ont un goût bien plus appréciable que d'autres. Celui du nombre de dépôts de brevets enregistrés en 2020 dans le Sud est de ceux-là. A savourer sans modération, tant Provence Alpes Côte d'Azur a longtemps été dépassée sur ce sujet, notamment par l'Occitanie avec laquelle elle joue régulièrement des coudes et qu'elle relègue à la quatrième place au dernier baromètre de l'Office européen des brevets. Cette difficulté à être bien positionnée en termes de propriété intellectuelle, quand on est l'une des plus dynamiques régions de France, a souvent inquiété le monde économique, soucieux de la compétitivité de ses entreprises et de ses jeunes pousses. Et donc, plus largement du territoire.
En 2020, donc, le Sud a progressé, enregistrant +40, 9 % de dépôts selon l'Office européen des brevets, une croissance la plus forte de tout l'Hexagone, toutes régions confondues, si on excepte la Guadeloupe et ses 300 % de croissance.
A l'instar de la France, la santé représente une filière extrêmement porteuse d'innovation dans le Sud. La présence - et l'accompagnement - du pôle de compétitivité Eurobiomed a contribué à structurer un écosystème auparavant atomisé, où nombre de jeunes pousses se sont créées. Une myriade de startups qui permettent à Provence Alpes Côte d'Azur de revendiquer être une place forte en health tech. Des startups qui ont encore besoin de soutien dans le renforcement de la R&D et surtout de pouvoir nouer, concrètement et efficacement des partenariats avec des big pharmas et des industriels. Provence Alpes Côte d'Azur pêche d'ailleurs par l'absence de grands groupes pharmaceutiques, un « trou dans la raquette » appelé à être comblé par certains acteurs économiques. Las, pas pour le moment. Mais cela ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt. A Marseille, le cluster Marseille Immunopôle est particulièrement reconnu pour son travail sur les thérapies contre le cancer et les maladies inflammatoires. A Marseille encore, l'IHU, connu du grand public après les polémiques récentes sur le traitement de la Covid-19, est réputé pour son expertise en infectiologie.
Laurence Bottero