Hervé Martel - GPMM : « Être un port entrepreneur ne signifie pas modifier notre métier de base »

Laurence Bottero
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Marseille-Fos est entré dans une nouvelle dimension. De conquête, d'affirmation de ses atouts, de positionnement différenciant. Bref, un port, le premier de France, qui veut concilier - c'est le projet stratégique qui le dit - croissance économique et excellence environnementale. Pour l'accompagner, un budget de 350 millions d'euros, injectés en 4 ans sur la période 2020-2024, dont les deux tiers sont consacrés aux projets de développement.
Et dans le projet stratégique, figure cette volonté de faire de Marseille-Fos, encore plus qu'auparavant, un port entrepreneur. Une orientation qui n'est pas une lubie mais qui, au contraire, s'inscrit « parfaitement dans la stratégie nationale portuaire », fait remarquer Hervé Martel. Et qui, dit le président du directoire, répond à un double constat. D'abord celui d'un modèle économique qui évolue. Le pétrole étant moins consommé, il est nécessaire de trouver des relais de croissance. Pourquoi alors ne pas valoriser le foncier dont le port dispose tout en profitant de la période de transition rapide qui se joue, autant d'un point de vue énergétique que numérique. « Ces transitions représentent des relais de croissance », acquiesce Hervé Martel. Et l'opportunité de monter dans la chaîne de valeur. Concrètement, l'idée est de prendre des participations dans des projets qui concernent l'immobilier logistique, l'énergie - « sous toutes ses formes. Nous le faisons déjà » - et le numérique. Avec un bout de ligne, l'incubation de jeunes entreprises qui s'inscrivent dans une démarche smart port. Un métier nouveau, Hervé Martel ne le cache pas, qui nécessite évidemment de trouver les compétences capables d'accompagner le port sur ce nouvel axe. « Cela suppose de bien analyser les risques et de trouver de bons partenaires ». On rappellera que l'écosystème marseillais n'est pas dépourvu d'acteurs capables de ce type de collaboration partagée. Mais le président du directoire de rappeler aussi que « cela ne doit pas modifier notre métier de base ». Ni faire « oublier les fondamentaux. Nous prenons des risques avec prudence. Notre ambition est assez forte, elle nécessite des compétences idoines ».
Laurence Bottero