Défaillances d’entreprises : ce à quoi il faut s’attendre
Laurence Bottero
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Jamais, dans tout l'Hexagone, le nombre de défaillances d'entreprises n'aura été aussi bas. Historiquement bas. A la hauteur d'une pandémie tout aussi historique. Alors qu'elles sont habituellement, en moyenne, de l'ordre de 55 000 chaque année, en 2020, on ne comptabilise « que » 32.184 défaillances. Certes, c'est grâce aux PGE et autres dispositifs de chômage partiel qui ont servi de coussin d'atterrissage que tout a tenu en 2020. Mais quid de l'après ? La question taraude les chefs d'entreprises et autres acteurs économiques. Même le patron des patrons, Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF, a fait part de sa crainte d'assister à une « avalanche ».
Alors, faut-il craindre les défaillances ? Pas forcément dit EY. Et c'est l'étude menée avec AU Group qui le dit. Et s'il ne faut pas craindre de raz-de-marée, c'est parce qu'il faut compter, notamment, sur une reprise globale de l'économie. C'est, notamment, ce qu'explique Karim Lasri, associate partner EY en charge du restructuring, pointant une reprise de la consommation de la part des ménages qui ont été particulièrement économes durant la crise et d'une façon générale sur une économie qui reprendra de plus belle, le déconfinement effectif.
Sans compter sur l'Etat qui va continuer à jouer un rôle. « L'Etat va continuer à chercher des solutions pour éviter que les défaillances ne soient trop nombreuses. Il est toujours plus difficile de reconstruire ce qui a été détruit que de maintenir ce qui existe déjà ». Un point de vue partagé par Camille de Guillebon, managing partner de la Région Sud et Monaco, qui rappelle les enseignements tirés de la crise des subprimes en 2008. « On a beaucoup dit que si Lehman Brothers avait été soutenu par le gouvernement, il n'y aurait pas eu de crise mondiale. Il coûte toujours moins cher de soutenir l'existant que de reconstruire ».
Et donc, si ce qui semble être devenu une leçon apprise de la crise précédente est appliqué, « oui il y aura des défaillances, mais elles ne devraient pas atteindre de niveaux historiques », ajoute Karim Lasri. Qui pointe un autre élément, celui des fonds d'investissements, qui disposent de moyens financiers qui n'ont pas forcément été dépensés durant la crise. Des fonds tout à fait capables de venir se positionner sur des entreprises fragilisées, secouées par la crise et qui ont du mal à retrouver des capacités d'investissement. Des entreprises souvent avec un profil de profitabilité valable et qui génèrent de la croissance. « Les fonds vont venir se positionner sur ces entreprises en entrant en equity », estime Karim Lasri, ajoutant qu'ils « vont jouer un rôle dans le retournement ».
Laurence Bottero