Dans la Roya, la difficile relance économique : La zone franche retoquée par l'Etat
Gaëlle Cloarec
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Photo d'illustration
Côte d'Azur France/Georges Veran
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Côte d'Azur France/Georges Veran
A Tende, dans la vallée sinistrée de la Roya, la vie continue de s'étirer au gré des convois. Plus de sept mois ont passé depuis Alex et l'activité, faute d'accès, reste réduite à peau de chagrin. Et quand celle-ci peut se faire, cahin-caha, c'est souvent au prix fort. Les contraintes s'alimentant d'elles-mêmes, fragilisant un peu plus des entreprises déjà éprouvées. Et ce, sur une période appelée à durer plusieurs années. Alors, "comment tenir le choc en attendant le retour à des conditions d'activité normales ?", s'interroge la dirigeante de l'entreprise de maçonnerie générale Guido, Sophie Cottalorda. Qui plus est lorsque les pertes d'exploitation, parce que indirectes, ne sont pas prises en charge par les assurances ?
La première réponse est évidemment sonnante et trébuchante. Comme à chaque coup dur, la CCI Nice Côte d'Azur se met en ordre de marche pour qu'à la catastrophe naturelle ne succède pas le désastre économique. Parmi les réponses apportées, la création d'un nouveau fonds exceptionnel de solidarité, le troisième en un an après ceux liés aux inondations d'octobre 2019 et à la Covid. Soit, pour l'épisode Alex, 6,7 millions d'euros débloqués par la Région Sud, le Département des Alpes-Maritimes, la Métropole Nice Côte d'Azur, la Communauté d'Agglomération de la Riviera Françaises (Carf) et les réseaux consulaires, chargés de les répartir. L'objectif "est de venir en complément des assurances pour répondre au besoin de trésorerie immédiate, pallier les pertes d'exploitation et les dommages matériels", explique Jean-Pierre Savarino, président de la CCI azuréenne, toutefois bien conscient que celles-ci ne peuvent suffirent. Parce que ponctuelles.
"Ces aides ont été les bienvenues, elles nous ont permis de passer l'hiver même si elles ne correspondent que de loin à l'activité d'un mois de décembre, indique Luc Fiorini. Depuis, "rien" en dehors de celles attachées à la situation sanitaire, les deux magasins Stella Alpina étant fermés. Une situation vécue comme "une double peine" pour le commerçant que l'absence de dispositif pérenne inquiète, lui comme tous les autres. "C'est une problématique qui nous préoccupe, reconnaît Jean-Pierre Savarino. Que se passera-t-il une fois la pandémie derrière nous et l'arrêt des aides qui y sont associées ? Il faut que l'Etat pense à une spécificité tempête qui accompagne ces entreprises le temps nécessaire à leur redémarrage".
Gaëlle Cloarec