Le 74ème Festival de Cannes, Festival "innovant" ?
Laurence Bottero
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Depuis plus d'un mois, le sommet pointu et reconnaissable entre mille des tentes blanches qui prennent position sur les plages de Cannes est l'un des signes extérieurs qui fait du bien au moral des troupes - économiques, touristiques, événementielles... Tout comme le balai des camions et des structures de montage qui ont retrouvé la Croisette et le Palais des Festivals. Car, ça y est - enfin ! même pourrait-on dire - le Festival de Cannes retrouve son écrin habituel. Ou presque.
Car cette 74ème édition est pleine de nouveautés. Choisies ou subies, elles dessinent néanmoins les contours d'un événement mondial qui a souvent été scruté, qui a appuyé son business modèle sur des partenariats prestigieux - Chopard, Mastercard, Kering, L'Oréal, Renault - et sur un effet glamour qui est, depuis l'origine, sa marque de fabrique.
Au fil des années, le Festival du Film est monté en gamme pourrait-on dire. L'événement s'est starisé, les partenariats cités plus haut ont ajouté du glamour au glamour et de l'exigence à l'exigence. Cannes, durant 15 jours, se transforme totalement et le village mondial cher à son maire David Lisnard, abrite, en quelque sorte un village dans le village. Car c'est - c'était - ça aussi le Festival : comme un quartier à part, qui concentre en quelques jours tout ce que la planète cinéma et événementiel compte de personnes influentes, dans tous les sens du terme (comprendre des stars du grand et petit écran aux influenceurs...)
Sauf que la crise sanitaire a bouleversé les règles du jeu. L'édition 2020 sera à jamais absente de l'Histoire et du calendrier et pour cette édition 2021, ce n'est pas en mai mais en juillet que le tapis rouge le plus célèbre du monde pare les marches du Palais des Festivals.
Et si, justement, cette édition « particulière », marquait un changement ?
Touristiquement parlant, c'est une clientèle différente de la clientèle habituelle qui est attendue et cela pour deux raisons majeures. D'abord parce que les conséquences de la crise sanitaire ne favorisent pas le retour d'une clientèle internationale, en tout cas pas à la hauteur de ce que c'était précédemment. Certains ressortissants de certains pays hésitent encore à revenir en Europe et/ou en France. La clientèle américaine - qui est majeure de façon générale pour le tourisme azuréen - ne sera pas aussi présente qu'habituellement. Même si la reprise de la ligne directe New York Nice par La Compagnie le 3 juillet dernier concrétise le retour des Américains sur la Côte d'Azur, (Delta Airlines et Emirates aussi NDLR), un retour qui fait du bien aux professionnels du tourisme de façon générale.
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Laurence Bottero