Alain Madelin : « La légitimité de l’entreprenariat ne doit pas répondre à un modèle absurde »

Laurence Bottero
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LA TRIBUNE - La légitimité est un thème peu abordé lorsqu'on évoque l'entreprenariat...
ALAIN MADELIN - La chaire portée par Aix-Marseille Université est menée par de bons économistes qui disposent d'une vision à 360° des questions économiques et qui ne réduisent pas la légitimité à une définition trop réductrice. D'ailleurs il faut regarder l'étymologie du mot légitimité. Est légitime ce qui est fondé en droit, mais la question est en quel droit ? La légitimité ce n'est pas la légalité c'est plus profond, c'est un ensemble de valeurs codifiées.
Il est intéressant de mettre en regard l'entreprenariat et la démocratie. On est en train de la priver de son humus. La démocratie, réduite au mécanisme des urnes et de la loi de la majorité ou de l'intervention bruyante de la minorité. La légitimité des entreprises c'est autre chose que de respecter la loi.
Certaines PME déplorent le financement « facilité » des startups, est-ce un sentiment qui relève de la légitimité ?
Je ne suis pas certain qu'il manque de l'argent. Il y a souvent plus d'argent que de bons projets. Mais il y a de l'argent. Le financement des entreprises en développement fonctionne très bien. Entre l'entreprise en développement et l'entreprise familiale, il y a en effet un espace. L'entreprise familiale peut signifier, pour un investisseur, des problématiques des successions, de comment cette entreprise fait vivre la famille... Mais il n'y a pas de rapport entre la légitimité et cette question du créneau non couvert du financement.
Faut-il davantage d'incitations législatives ? On voit souvent revenir en période électorale le sujet du fléchage de l'épargne des Français vers les entreprises...
Non. Le fléchage de l'épargne des Français signifierait qu'il s'agit d'épargne rémunérée. On ne peut pas leur proposer de l'épargne à zéro... Le financement doit se faire par la dette et le capital. Cependant, on peut toujours imaginer des solutions plus sophistiquées. Avec par exemple des fonds evergreen, dont la vocation est de rester longtemps au capital, qui seraient l'émanation de sociétés cotées et qui pourraient être animés par des équipes d'entrepreneurs expérimentés. Mais le fonds d'appel aux Français à l'épargne, expliquez-moi comment ça marche.
Laurence Bottero