« Le métier de transporteur routier de voyageurs doit se remettre en question » (FNTV Sud)
Laurence Bottero
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250 personnes, c'est le besoin en main d'œuvre du transport routier de voyageurs comptabilisé en Provence Alpes Côte d'Azur. Très précisément, 200 postes de conducteurs et 50 postes dédiés à la maintenance et à la mécanique. Un besoin crucial si on considère que 168 d'entre eux sont à pourvoir immédiatement. Un casse-tête voire un supplice chinois pour la Fédération nationale des transports de voyageurs Sud, qui dresse le même constat que d'autres filières mais pas forcément dans le même sens : la crise a joué le rôle d'accélérateur. « Le manque de main d'œuvre est une problématique que nous sentions émerger chaque année. La crise sanitaire a été un accélérateur. Nous avons d'abord été obligé de stopper les formations. Notre profession étant en flux tendu, cela n'a pas arrangé la situation », explique Jean-Paul Lieutaud, son président. A considérer, en sachant que chaque année, la formation permettait la mise sur le marché de 250 compétences nouvelles. Déjà, alors, à peine de quoi couvrir les besoins...
Mais la pandémie, dans le coup d'arrêt qu'elle a porté à différents pans de l'économie, n'est pas l'unique responsable de la situation. « La désaffection pour notre filière vient du modèle social de notre métier. On se lève tôt. Le statut de CPS (comprendre de conducteur en période scolaire NDLR) est précaire parce qu'il ne met en activité le conducteur que sur un temps d'activité scolaire court, comme le trajet vers la piscine ou le stade, ce qui signifie des rotations le matin et/ou l'après-midi, mais rien entre les deux. Cela a contribué à paupériser le vivier de compétences pouvant nous rejoindre. Sans oublier l'aspect démographique, puisque la moyenne d'âge se situe à 50 ans. Tout cela explique que le métier n'intéresse pas ».
Sur la question de l'image, Jean-Paul Lieutaud reconnaît qu'il « faut que nous nous remettions en question ». Et au-delà des conditions du métier lui-même, il y aussi la perception de celui-ci. « On ne voit pas le conducteur, on voit le car. On voit l'objet, on ne voit pas les femmes et les hommes qui le composent. Un peu comme au théâtre où on voit les acteurs sur scène mais pas ceux qui sont dans les coulisses et contribuent au succès du spectacle ». Une preuve, s'il en fallait une, est cet « oubli » de la profession l'an dernier comme partie du Plan Tourisme de l'Etat. « Nous avons dû justifier du poids du tourisme dans notre activité pour être intégrés dans le Plan », regrette le président de la FNTV Sud.
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