Viticulture : ombrières intelligentes, data et mycorhization…, ces innovations pour lutter contre le changement climatique
Laurence Bottero
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L'épisode de gel tardif survenu en avril dernier n'est que l'un des exemples des aléas climatiques qui fragilisent l'activité viticole. La sécheresse, la grêle, les inondations, les tempêtes..., si ces aléas climatiques ont toujours fait partie du monde agricole, ils ont néanmoins pris de l'ampleur ces dernières années et surviennent de façon parfois inattendue, violente. Au point de mettre à mal les cultures et particulièrement celles de plein champ comme le maraîchage, l'horticulture ou la viticulture. Et, par voie de conséquence, la productivité, le rendement et l'équilibre des modèles économiques des entreprises agricoles.
« Les vendanges ont lieu 18 jours plus tôt qu'il y a 40 ans », note-t-on chez Ombrea. L'agritech, basée à Aix-en-Provence, sait de quoi elle parle, puisqu'elle est née de l'amère expérience d'un horticulteur, Christian Davico, lequel, après avoir été durement frappé par des aléas climatiques, cofonda la jeune entreprise en 2016 avec Julie Davico-Pahin.
Le duo imagina alors une ombrière intelligente qui n'est autre qu'un système de régulation climatique doté de panneaux photovoltaïques sur le toit, permettant de reproduire le microclimat adapté à la culture concernée. Bourrée de capteurs, elle récupère la data - 100 millions de données météorologiques sont ainsi relevées par site et par an - laquelle est confrontée à l'expertise agronomique de la jeune pousse. L'intelligence artificielle permet ensuite de définir des modèles prédictifs qui pilotent l'ouverture ou la fermeture de l'ombrière. Le suivi des paramètres - pluviométrie, température, humidité dans le sol... - se fait, pour l'agriculteur, en temps réel grâce à l'application dédiée. A noter que d'après les études menées par l'agritech, la température au sein de la grappe diminue de 1,3°C lorsque celle-ci est protégée par l'ombrière.
Laurence Bottero