« L’industrie n’était pas attractive, elle le redevient » (Anne-Sophie Alsif, BDO France)

Laurence Bottero
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La réindustrialisation est le sujet qui a été en filigrane tout au long de la crise. Le plan de relance consacre d'ailleurs une grande part de ses financements à l'industrie, poussant les PMI notamment à s'inscrire dans un mouvement de modernisation qui consolide leur outil de production. Pour autant, réindustrialiser et y additionner la dimension durable ne se fait pas avec des intentions mais avec des convictions et surtout une vision long-termiste.
« Nous avons eu un processus de désindustrialisation assez massif depuis 20 ans, pour des raisons d'emplois. Lorsque des pays ayant des coûts de main d'œuvre moins importants sont arrivés sur le marché international, l'idée a été de se développer vers les services, où les emplois n'étaient pas délocalisables, pour rester attractif », explique Anne-Sophie Alsif. « Le corollaire a été moins d'investissements dans l'industrie avec des pans entiers de filières, partis à l'étranger ».
Et si réindustrialiser est devenue une nécessité tout comme un objectif national, il n'en reste pas moins que cela reste plus facile à dire qu'à faire.
« Réindustrialiser, relocaliser, re-attirer est compliqué car une fois que le processus productif est parti, il est moins facile de reconstituer le savoir-faire que ce soit pour des raisons de capital humain ou de capital technologique. Pour réindustrialiser il faut avoir du financement et mettre en place des politiques d'attractivité ».
L'industrie, qui ne se pose pas là par hasard. Ce qui, dit Anne-Sophie Alsif montre aussi la pertinence de France Relance. « Nous avons vu que nous avions certains produits que l'on ne fabriquait pas. Mais si on ne les fabrique pas, c'est qu'il n'y a pas d'avantages comparatifs à garder ce genre de produits parce que la valeur ajoutée créée n'est pas forcément efficace.
L'idée ce n'est pas de décider de se réindustrialiser. On peut le décider mais économiquement, cela n'a pas d'impact. Il faut attirer par les avantages existants ».
Laurence Bottero