Confection textile dans le Sud : le retour ? 1/3
Maëva Gardet-Pizzo
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Kaporal, Sessun, Le Temps des cerises, Pain de Sucre... L'inventaire des marques nées en Provence-Alpes-Côte d'Azur est riche. Avec ses 300 jours d'ensoleillement, ses festivals, les nuances de bleu de sa Côte d'Azur, le charme vert argenté de sa Provence, la quasi mystique énergie marseillaise... la région regorge de sources d'inspiration pour créer et séduire des consommateurs locaux comme internationaux. Pour concevoir des marques à forte identité.
Sauf que les consommateurs ne se contentent plus d'identités. Ils veulent de l'engagement. De l'éthique. Après s'être inquiétés de l'origine et de la composition de ce qu'ils mangent, ils veulent savoir si les vêtements qu'ils portent sont faits à partir de tissus polluants. Si les petites mains qui les ont cousus sont celles d'une personne payée dignement. Si les substances utilisées pour traiter les tissus peuvent nuire à leur santé. Ou encore si le processus de fabrication n'a pas généré des milliers de kilomètres de transports. Ce qui les conduit à privilégier, lorsque cela est possible, le local, gage d'une plus grande transparence dans les esprits de beaucoup.
Ainsi, d'après l'Institut français de la mode, 60% des consommateurs assurent être attentifs au lieu de fabrication et 58,5% achètent de préférence des vêtements locaux.
Mais face à cette demande, l'offre n'est pas au rendez-vous. La confection textile a été fortement délocalisée vers le sud de la Méditerranée (Maroc, Tunisie, Turquie) dans les années 1960, puis vers l'Asie dans les années 1980. Néanmoins, un mouvement inverse se dessine depuis quelques années. En Chine et dans d'autres pays d'Asie, les travailleurs demandent à être mieux payés. Et le pays privilégie désormais des productions à plus forte valeur ajoutée comme l'électronique. De quoi redonner une chance aux acteurs européens et français, à l'image du Slip Français.
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Et plus récemment, l'épidémie de covid-19, marquée par d'importantes pénuries de matériel indispensable comme les masques et autres blouses médicales, a rappelé ce que la confection textile porte d'enjeux de souveraineté nationale.
Maëva Gardet-Pizzo