AOP, IGP : ce que les signes de qualité apportent aux producteurs
Maëva Gardet-Pizzo
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... oumis aux évolutions de la demande.
Dix-neuf années. C'est qu'il aura fallu à huile d'olive de Provence pour obtenir son Appellation d'origine protégée. « Au départ, explique Olivier Nasles, président du syndicat AOP Huile de Provence, il y avait plusieurs signes qui coexistaient sur le territoire ». Chacun reconnaissant l'huile d'olive d'un territoire restreint : Baux de Provence, Aix-en-Provence, Haute-Provence, Nice... Le syndicat est créé en 2000 pour regrouper toutes les huiles provençales sous un même signe, et ainsi éviter que les producteurs d'un territoire ne s'accaparent le terme - vendeur - de « Provence ».
En 2007, l'huile d'olive de Provence obtient une Appellation d'origine contrôlée (AOC), une reconnaissance nationale qui garantit que toutes les étapes de production sont réalisées selon un savoir-faire reconnu et sur une même aire géographique ; ces particularité forgeant les caractéristiques du produit. Une première étape avant le graal de l'AOP, en 2019.
« En général, il faut entre 3 et 10 ans pour l'obtention d'un signe de qualité », observe Hélène Lacomme, chargée d'études sur les signes de qualité et d'origine au sein de la Chambre d'agriculture Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Plusieurs années au cours desquelles il faut rédiger un cahier des charges fourni prouvant que le terroir et les savoir-faire sont à l'origine des particularités du produit, dont la notoriété est ancienne. Ce cahier des charges doit ensuite être présenté à l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) qui « le regarde sous toutes les coutures et fait intervenir plusieurs experts qui vont par exemple mener un travail pointu sur la caractérisation des sols », celle-ci pouvant avoir un impact sur les propriétés du produit. S'ensuit une commission d'enquête avant un vote national qui peut conduire le porteur du projet (l'organisme de défense et de gestion ou OGD) à répondre à des questions parfois très techniques. Une fois ces réponses apportées, cap sur la Commission européenne (pour les AOP et IGP), avec là aussi la possibilité de questions complémentaires.
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