Comment l’Union des fabricants de santons de Provence entend préserver ce savoir-faire bicentenaire
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Il est 10 heures un mardi ensoleillé de décembre. Sur le Vieux Port de Marseille, après avoir dégainé leur pass sanitaire et laissé les agents de sécurité fouiller leurs sacs et cabas, les premiers clients arrivent doucement entre la vingtaine de chalets de la foire aux santons. Chacun stand a son style, son histoire familiale, et sa clientèle fidèle. Parmi eux, celui de la famille Bouvier-Allemand représentée par Michel Bouvier. « Mon grand-père a fait sa première foire en 1922. Il y a cent ans », dit-il fièrement. « Ma mère a pris sa suite en 1954. Après sa disparition, je n'ai pas voulu que tout cela disparaisse ». Ainsi, bien qu'il exerce un autre métier, il crée une société pour poursuivre en parallèle la fabrication de santons. Il travaille seul, à partir des modèle conçus par ses aïeux. « Je me sens obligé de le faire, mais ce n'est pas une corvée ». Au contraire, « décorer les santons, les peindre, c'est une activité qui apaise ».
Malgré les contraintes sanitaires, il se réjouit de voir que les « Marseillais font des efforts pour venir. Ils sont très attachés à leurs santonniers ». Des santonniers qui n'ont jamais manqué ce rendez-vous, depuis la première foire en 1803.
L'histoire des santons de Provence remonte à la période de la Révolution française de 1789. « A ce moment-là, beaucoup d'églises ont fermé. Or, c'est dans les églises que les gens allaient voir la crèche de Noël ». Regrettant d'en être privés, beaucoup se lancent alors dans la confection de leur propre crèche à partir ce qu'ils ont sous la main : du bois, du plâtre, ou même de la mie de pain.
C'est dans ce contexte que Jean-Louis Lagnel, né à Marseille en 1764, a l'idée de fabriquer les premiers santons en argile à l'aide de moules à plâtre. Un procédé réplicable qui donne lieu aux premières séries de santons, exposées dès 1803 sur les étals de la première foire dédiée, dans la Cité phocéenne. « Au début, il n'y avait que trois ou quatre participants, puis cela s'est beaucoup développé ». Aujourd'hui à Marseille, ils sont vingt-quatre. « Depuis, la foire s'est toujours tenue. Malgré les deux guerres mondiales et les épidémies ».
Maëva Gardet-Pizzo