Quel avenir pour le tiers-lieu solidaire Coco Velten, à Marseille ?
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Des escaliers aux rampes arc-en-ciel. Des couloirs en béton apparent qu'ornent des affiches annonçant des événements culturels. Des habitations sociales, des bureaux d'associations, des résidences d'artistes. Puis encore des escaliers. Une cantine-salle de spectacle. Jusqu'au toit-terrasse et son imprenable vue panoramique sur Marseille. La visite de Coco Velten, ce tiers-lieu qui occupe depuis un peu plus de trois ans les anciens bureaux de la Direction interdépartementale des routes, rappelle celle d'un labyrinthe, avec à chaque recoin quelque chose ou quelqu'un d'inattendu. « On est un peu une énorme colocation », s'amuse Ambre Jouve, fraîchement recrutée comme chargée de communication.
Une colocation qui héberge en premier lieu 80 personnes sans domicile fixe. « Il y a cinq profils », liste Kristel Guyon, coordinatrice des partenariats. « On a des femmes victimes de violence avec leurs enfants, des familles issues de bidonvilles, des personnes avec des problèmes d'addiction ou sorties de prison, ainsi que des jeunes majeurs éloignés de l'emploi ». Des personnes à qui Coco Velten propose également quelques chantiers d'insertion.
Mêlés à ces logements, des bureaux d'associations, de petites entreprises et des ateliers d'artistes. « Il y en a 42 ». Soit environ 150 personnes qui y travaillent.
S'ajoutent à cela plusieurs espaces ouverts au public : salle de spectacle, cantine solidaire, toit-terrasse où « chacun peut venir planter les graines de la grainothèque. On peut aussi en prendre pour chez soi », assure Hamza, un habitué des lieux très impliqué dans les activités de jardinage.
Bien que très divers, les usages permis par ce lieu ont néanmoins un point commun : l'hospitalité. Que ce soit pour les personnes à qui il offre un toit, pour les artistes, jeunes et/ou émergents, qui peuvent se tester, pour le restaurant où l'on n'est pas obligé de consommer ... Et cette hospitalité doit aller de pair avec un autre principe : la mixité des publics. « On propose souvent une double programmation pour faire se croiser des publics qui n'ont a priori pas l'habitude de se parler. On a par exemple accueilli le repas solidaire de Ramina [un réseau citoyen d'aide aux jeunes réfugiés, ndlr] en même temps qu'un vernissage d'art contemporain. Les jeunes réfugiés ont pu visiter l'exposition et les personnes venues pour le vernissage ont participé au repas solidaire. Cela ne marche pas toujours, mais on essaie », sourit Kristel Guyon.
Maëva Gardet-Pizzo