« Relocaliser en France a été le challenge de ces deux dernières années » (Jean-Pierre Blanc, Malongo)

Laurence Bottero
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Jean-Pierre Blanc le dit lui-même, il est « tombé dedans dans les années 90 ». Dedans, c'est dans le chaudron du café équitable. Un pari osé à l'époque - payer le café plus cher au producteur - mais le thème s'est imposé à tous, donnant raison au flair du directeur général du torréfacteur basé à Carros. Un choix qui porte son développement et aide à définir la stratégie. « Nous avons développé un système de doses en papier naturel, individuelles, les seules du marché en papier, sans aluminium, sans plastique. Elles sont produites à Carros, nous en faisons 300 millions par an. Nous avons des machines expresso pour les ménages qui étaient auparavant fabriquées en Chine. Nous avons décidé de les relocaliser. Nous avons fait de la recherche et du développement à La Gaude. Nous avons décidé de simplifier la machine pour diminuer le nombre de pièces, pour qu'elles puissent être produites à des coûts raisonnables et pouvoir les rapatrier en France. Cela a été le challenge de ces deux dernières années. »
Si Malongo a réussi le challenge compliqué de la relocalisation, il n'a pu le faire en terre azuréenne, son berceau. « La Côte d'Azur n'est pas une terre d'industrie », regrette Jean-Pierre Blanc. « L'intérêt est d'avoir sur un même territoire un certain nombre de sous-traitants. En Vendée, (où la machine est produite NDLR), il existe tout un réseau de sous-traitants qui font de l'injection plastique, du métal. Ce qui permet de travailler en local sur un rayon de 30 à 40 kilomètres. C'est ce que nous avons privilégié. »
Le torréfacteur azuréen qui, s'il n'a pas été moins secoué par les conséquences de la crise, a néanmoins négocié celle comme une opportunité et non comme une contrainte. « La crise a été compliquée mais nous avons la chance d'être assez diversifiés. Nous vendons en grande distribution, à l'hôtellerie, à l'exportation. Nous avons des boutiques, les Malongo Café. Nous avons pu traverser la crise malgré des fermetures d'établissements pendant quasiment cinq mois en 2021, comme dans l'hôtellerie et la restauration. Nous avons travaillé, nous avons aidé les équipes, nous avons restructuré, nous avons cherché de nouveaux clients. Nous avons traversé la crise avec, heureusement, peu de dégâts. C'était compliqué, mais grâce à toutes les équipes nous n'avons pas arrêté de produire. Souvent c'était 24h/24. Il fallait faire les rotations, avec les risques de cas Covid. Tout cela a été bien maîtrisé. »
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