Alteo arrête sa production d’alumine « rouge » à Gardanne : une perte de souveraineté pour le député Lambert (qui interpelle Castex)
Laurence Bottero
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Longtemps, l'usine Alteo de Gardanne a fait parler d'elle pour ses boues rouges, ces déchets de bauxite, qui déversés en Méditerranée, ont valu à l'ETI de se faire remarquer. Un point noir que l'entreprise s'était engagée à réparer, investissant alors dans un plan de 25 millions d'euros dédié à la réduction de son empreinte environnementale. Et depuis 2015, il n'était plus question de boues rouges.
Mais l'intérêt d'Alteo se situe bien ailleurs. Le site est, depuis près de 130 ans, spécialiste de l'extraction d'alumine, extraction qui se fait à partir du procédé Bayer, lequel consiste en une extraction par dissolution à haute température et à haute pression par solution de soude. Un procédé pas uniquement réservé à l'usine provençale, loin de là, mais qui s'est, au contraire, répandue dans toute l'industrie.
Si, entre temps, Alteo s'est également orientée vers les alumines de spécialité - celles qui intéressent notamment le secteur de la micro-électronique - c'est pourtant bien cette alumine tirée de la bauxite qui représente un intérêt stratégique pour la France.
Or, depuis début 2021, Alteo, qui a connu des difficultés et c'est retrouvé en procédure de redressement judiciaire en 2019, est devenue la propriété du groupe United Mining Supply, originaire de Guinée. UMS qui n'a pas fait mystère, alors, de sa volonté de stopper définitivement la production d'alumine à base de bauxite. Une mauvaise nouvelle d'autant que cela entraîne la perte de cent emplois, ce qui avait déplu aux acteurs économiques, lesquels se disaient attentifs au devenir du site.
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Un an plus tard, et à quelques heures de la fermeture de la ligne de production, c'est le député des Bouches-du-Rhône, François-Michel Lambert qui remonte au créneau. Et s'inquiète des conséquences de cet arrêt, surtout dans le contexte géopolitique actuel et alors que cela signifie la fin d'une souveraineté tricolore.
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