« Les chefs d’entreprises doivent être associés aux politiques publiques » (Yvon Grosso, Medef Sud)

Laurence Bottero
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LA TRIBUNE - Le MEDEF - Mouvement des entreprises de France - propose la création d'un comité de pilotage qui inclut les chefs d'entreprise. Quel en est l'objectif ?
YVON GROSSO - On se souvient peut-être qu'en 2017, un Comité Action Publique, appelé Cap 2022 avait été créé, réunissant économistes et personnalités issus des secteurs publics et privés - Enrico Letta ou encore Philippe Aghion en faisait partie - et dont la mission était d'évaluer les politiques publiques et de faire des propositions pour en baisser le coût. Malheureusement, la crise liée au Covid n'a pu permettre que ce Comité ce tienne. Or, il avait tout son sens, avec l'esprit de mieux dépenser et d'arrêter les taxations contre-productives. L'objectif du comité de pilotage que nous proposons est d'associer la société civile dont les chefs d'entreprises, dans la construction des politiques publiques avec l'optique de réduire la dépense publique. Il faut davantage d'efficience dans l'action publique. D'autant que de grandes transitions - numériques et environnementales - restent à mener... et à financer.
Vous appelez à la mise en place du Buy European Act, qui s'appuie sur le modèle américain. En quoi est-il plus ambitieux que le Small Business Act ?
Il est important de repenser la dépense publique comme outil de souveraineté européenne. La commande publique de l'Union européenne représentait en 2019, 200 milliards d'euros. Soit 8% du PIB de la France. En Europe, certaines Etats membres craignent des mesures de rétorsion de partenaires étrangers si cette « préférence » est mise en place. Or, pourquoi n'oserions-nous pas faire ce que font les Etats-Unis, qui garantissent 23% des marchés publics aux PME nationales ? « Small Business Act », « Buy European Act »... peu importe la terminologie. L'essentiel est de rendre à l'Europe sa souveraineté.
Vous êtes favorable à la taxe carbone aux frontières. Pourquoi ?
Je vois deux raisons d'y être favorable. D'abord parce que l'instauration d'une taxe carbone aux frontières de l'UE sur les filières volontaires est pour nous une mesure clé afin de se créer des avantages compétitifs durables tout en décarbonant notre économie. Les entreprises ont en effet besoin d'incitation de long-terme pour s'engager pleinement dans la transition environnementale. Ensuite, parce qu'elle contribuerait à rembourser les fonds empruntés par la Commission européenne, notamment ceux contractés lors de la crise sanitaire. Nous sommes en revanche attentifs à ce que cette taxe, si elle doit voir le jour, soit stable dans le temps.
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