Grasse se positionne sur le tourisme d’expérience
Gaëlle Cloarec
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En matière de tourisme, le pays de Grasse apparaît comme un territoire paradoxal. Connue et reconnue mondialement comme le berceau de la parfumerie, avec ses champs de fleurs, son savoir-faire artisanal et son patrimoine historique, la destination azuréenne peut se prévaloir d'une sacrée carte de visite, estampillée Unesco. Sa situation géographique plaide également pour elle : entre mer et montagne, la porte d'entrée du parc naturel régional des Préalpes d'Azur propose sur près de 500 km² un tourisme vert, nature, authentique et sportif qui correspond parfaitement aux attentes du touriste post-Covid.
Et pourtant. Selon l'observatoire du tourisme CRT Côte d'Azur, le pays grassois et ses 23 communes ne représentent en moyenne que 3,5 à 4% des séjours touristiques azuréens, soit 400.000 sur un total de 11,2 millions. "Nous sommes sur un tourisme excursionniste, une sorte de tourisme pendulaire avec des flux d'arrivée le matin et de départ le soir, explique Jérôme Viaud, maire de Grasse et président de la communauté d'agglomération du Pays de Grasse (CAPG). Nous ne fixons pas assez longtemps le touriste sur le territoire et cela se ressent naturellement au niveau du panier moyen". La faute à qui ? A quoi ?
La faute au manque criant d'offres hôtelières. Toujours selon les chiffres du CRT Côte d'Azur, datés de 2019, le pays grassois ne compte en effet que 19 hôtels et une seule résidence de tourisme, soit un total de 1.408 lits, à comparer à la capacité d'accueil de l'ensemble de la destination azuréenne, Monaco compris, estimée légèrement au-dessus des 80.000 lits (hors résidences secondaires). Un fort déficit que la collectivité cherche à pallier en essayant de ramener cette activité sur son territoire, et notamment dans le cœur de Grasse qui abrite deux des quinze principaux lieux attractifs des Alpes-Maritimes : la Parfumerie Molinard (300.000 visiteurs par an) et le Musée International de la Parfumerie (116.886 visiteurs par an).
Gaëlle Cloarec