« Nous entrons dans une économie d’inflation pour une longue durée » (Yvon Grosso, Medef Sud)
Laurence Bottero
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L'était d'esprit des entrepreneurs est plutôt à l'inquiétude et c'est Yvon Grosso, le président du Medef Sud qui le dit. Il faut dire que le contexte géopolitique, les transitions à mener - énergétique comme numérique - les normes et taxes ne contribuent pas à une certaine sérénité. « Nous sommes dans une situation inédite, avec les révolutions industrielles, énergétiques, environnementales auxquelles s'ajoute un conflit en Europe, avec la guerre en Ukraine. Et un contexte global qu'il est réaliste de constater », souligne le patron des patrons de Provence Alpes Côte d'Azur.
Qui égraine : pénurie de matières premières dans tous les secteurs, retard dans les livraisons ce qui est source de litiges commerciaux, pénurie de main d'œuvre, rapport au travail qui change, hausse des coûts de production, soubresauts de la pandémie. Avec un début de décroissance dans la croissance, comme l'a signifié l'INSEE, de l'ordre de zéro pourcent pour le premier trimestre 2022.
« Nous avons des convictions » dit aussi Yvon Grosso. Car une fois le constat fait, quels leviers activer ? Celui de la commande publique peut en être un. Avec 200 milliards d'euros et une part de 8% du PIB, elle servirait le dynamisme des PME si mieux orientée vers elles. C'est d'ailleurs l'une des demandes du Medef, qui, en période de campagne présidentielle avait appelé à la création d'un Small Business Act européen. Sur le modèle de celui déployé aux Etats-Unis qui consacre 23% de sa commande publique aux petites et moyennes entreprises nationales. « Ils aident aussi ces entreprises à aller à l'international. Ce qui crée une distorsion avec les autres pays », souligne Yvon Grosso.
Et pour gagner en termes de visibilité, pourquoi ne pas étendre le label French Tech à l'ensemble du monde économique ? « Nous avons créé une Startup Nation, avec des levées de fonds qui progressent. Elles étaient de 16 milliards d'euros en 2017, elles sont aujourd'hui de 30 milliards d'euros. La French Tech peut ne pas être consacrée qu'au numérique mais à d'autres secteurs, comme la finance, l'agriculture... comme à d'autres typologies d'entreprises, pas uniquement les startups ».
Laurence Bottero