Rachat de La Provence : stop (momentané) ou encore ?
Laurence Bottero
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Il fallait s'y attendre et tous les communiqués faisant fi de la possibilité de voir Xavier Niel ester en justice relevaient du déni. Ou de la stratégie. Ou un peu des deux.
Reste que le patron de Free avait fait immédiatement savoir, à l'issue du conseil d'administration du 9 mai dernier qui avait agréé l'offre de CMA CGM, son intention de ne pas en rester là, son droit d'agréement n'ayant pas été, de son point de vue, respecté. En déposant un référé et un recours contre l'agrément donné à l'offre de CMA CGM, Xavier Niel fait ce qu'il a dit qu'il ferait.
Un « passage en force » dénoncé via l'attitude du président du conseil d'administration, Jean-Christophe Serfati, qui avait décidé de ne pas prendre en compte le vote négatif des deux administrateurs d'Avenir Développement, Anthony Maarek et Anne-Sophie Jahan, au titre d'un conflit d'intérêts, AD représentant l'actionnariat minoritaire de Xavier Niel au capital de La Provence.
Une « lecture » qui n'est pas neutre. Et cela, dans tous les sens du terme. Jean-Christophe Serfati s'est clairement prononcé en faveur de l'offre portée par l'armateur français basé à Marseille. Refuser de prendre en compte le vote négatif d'Avenir Développement relève-t-il de son droit, estimant que le conflit d'intérêts est manifeste ou est-ce un parti pris, et pas moins, donc un conflit d'intérêts ? De même, en ayant pris fait et cause pour CMA CGM, publiquement, devait-il prendre part au vote ou se déporter ?
La question est (beaucoup) là. Un président de conseil d'administration peut-il décider seul d'un conflit d'intérêts ? Celui-ci ne doit-il pas être déterminé par la justice ? C'est, en outre, ce que semblait estimer la Cour d'Appel d'Aix-en-Provence - qui a rétablit son droit d'agrément à Xavier Niel en qui stipule dans son rendu que « les parties conservent la possibilité de contester en justice l'application qui pourra être faite des dispositions statutaires contestées dans le cadre du présent litige ». Le conseil d'administration et son président, n'auraient-ils pas dû prendre acte des avis contraires et porter le sujet devant les tribunaux, histoire d'être irréprochables ?
Laurence Bottero