Souveraineté alimentaire : la consommation locale, un rôle clef
Rémi Baldy
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Est-ce la poule ou l'œuf qui est arrivé en premier ? La transposition de cette question agricolo-philosophique à l'économie serait sans doute qui de l'offre ou de la demande influence l'autre. Si pour la première question, le monde agricole n'a pas la réponse, pour la seconde en revanche il s'accorde à dire que c'est bien la demande qui permettra d'atteindre la souveraineté alimentaire. "Aujourd'hui, nous n'avons pas cette autonomie car les citoyens se sont détournés de la production, c'est le comportement des consommateurs qui nous permettra d'y arriver", expose Patrick Leveque, président de la chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône.
A la Région, Bénédicte Martin, vice-présidente en charge de l'agriculture, confirme que l'enjeu principal "est la relocalisation de l'alimentation". Elle présente comme symbole ce chiffre : "70% des achats de légumes frais se réalisent dans la grande distribution, dans cette part seulement 1,7% est produit en local". Dans un rapport sur ce thème du conseil consultatif de la société civile du Pays d'Aix, il est indiqué que "80% des productions locales ne sont pas consommées localement et sont distribuées sur le reste du territoire national".
La tendance durant les confinements d'acheter près de chez soi n'a pas duré. "C'était une période où l'on avait plus de temps car on ne pouvait rien faire d'autre", estime Bénédicte Martin. Pour redonner cette habitude, elle veut "faciliter la vie aux consommateurs". Une ambition qui se traduit concrètement par "faciliter la vente directe et massifier l'approvisionnement local". Une demande forte permettrait d'assurer une continuité aux producteurs pour qu'ils maintiennent leur activité.
"Des centaines d'initiatives se déploient un peu partout, souvent sans cohérence, souvent en réinventant le fil à couper le beurre. Actuellement, l'alimentation locale ne représente que 5% et manque cruellement d'un cadre normatif pour gagner en efficacité dans le développement de ses initiatives", défend de son côté l'Afnor. L'association française de normalisation propose avec le Conseil national pour la résilience alimentaire un guide de référence pour les collectivités territoriales.
Rémi Baldy