Le Sud, pionnier à deux titres sur le marché français du café
Maëva Gardet-Pizzo
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2 juin 2020. Enfin ! Cafés, bars et restaurants sont autorisés à rouvrir leurs portes après trois longs mois de confinements. Sur les terrasses fièrement dressées, on se presse pour siroter à nouveau ce breuvage noir et fumant, recouvert d'une mousse enveloppante. Seul, observant la foule, lisant un journal. Ou bien à plusieurs, savourant cette liberté retrouvée.
Tout un symbole ce café. Moments de convivialité. A la fois énergisant et reposant dans une vie à cent à l'heure. Mais aussi prétexte pour réunir les gens autour d'une cause, en témoigne l'essor des cafés à thème, qu'il y soit question de philo ou d'émancipation des femmes.
Le café, c'est aussi un appel au voyage. Équateur. Angola. Colombie. Brésil... Une denrée que l'on cultive dans l'hémisphère Sud et que l'on consomme au Nord. Un emblème de la mondialisation qui, lorsqu'on remonte à ses racines, nous conduit inévitablement à de sombres pages de l'Histoire.
Marseille, port d'accueil du café en France
D'abord consommé sous sa forme sauvage en Éthiopie, le café aurait été pour la première fois cultivé au Yémen dès le XIIème siècle. Le breuvage infuse le monde arabe, porté notamment par l'interdiction de l'alcool. De premiers lieux de consommation apparaissent à Constantinople. Ville monde qui lui ouvre les portes de l'Europe.
En France, le café fait son entrée par le Port de Marseille. Sur place, les habitants sont très vite conquis par cette boisson amère, couleur noir d'encre, que l'on recommande, entre autres, contre les maux d'estomac. De sorte qu'en 1671, le premier établissement français de café ovre ses portes dans ce qui deviendra le quartier de la Bourse, non loin du Vieux Port. Le concept essaimera ensuite à Paris.
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Sous l'impulsion de Louis XIV, grand amateur de café, de premiers caféiers sont plantés en Martinique. Dans le monde, le commerce triangulaire et la traite humaine contribuent au développement de cette culture. A Saint-Dominique par exemple, on écoule, peu avant la Révolution française, 40.000 tonnes de café par an. Une production qui repose sur l'exploitation de 500.000 esclaves.
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