« Nous devons nous battre pour avoir davantage de bateaux battant pavillon français » (Thomas Kieffer, Planète Mer Services)

Laurence Bottero
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Entreprise de travail maritime agréée, disposant d'un agrément ministériel à durée illimitée, ce qui en fait aussi une profession réglementée, Planète Mer Services fait de la « mise à disposition de gens de mer », autrement dit, c'est elle qui embauche le personnel pour des professionnels ou des particuliers, des yachts de grande plaisance, plus de 24 mètres.
Un secteur qui est en croissance, malgré les crises et soubresauts économiques. Il suffit d'ailleurs pour le considérer de nombre de yachts qui sillonnent le globe, soit 5.000 à 6.000 yachts dans le monde et « ce chiffre a été multiplié par 4 en 30 ans », souligne Thomas Kieffer, le dirigeant de la PME basée à Marseille. « Nous sommes sur un marché porteur et il y a même une petite course à l'échalote, entre les propriétaires pour avoir le plus gros bateau. En 20 ans, la taille des yachts a double ou tripler. Les équipages ont donc suivi cette tendance haussière ».
Cependant, malgré cette croissance de bon aloi, le métier de marin « n'attire malheureusement pas » déplore Thomas Kieffer. « Trop méconnu » mais surtout gros flou réglementaire qui ne facilite pas la chose. « Si on considère les textes réglementaires, impossible de trouver les termes nautisme ou yachting. Tout est construit autour de la marine militaire ou marchande, donc commerce et pêche. Cela fait beaucoup de freins à l'entrée ».
Et on ajoute aussi parfois, une réglementation qui elle-même crée un effet de distorsion avec les pays étrangers voisins. « 80% des yachts que l'on trouve sur la Côte d'Azur battent pavillon rouge, c'est-à-dire non tricolore. Ce qui s'explique par un déficit d'image. Car, en réalité, si on va dans le fond du sujet, il existe un pavillon, le Registre international français, le RIF, dont le guichet unique se trouve à Marseille et avec lequel nous avons d'excellentes relations. On pourrait se battre davantage pour avoir des bateaux battant pavillons français et sinon a minima, battant pavillon européen pour faire bénéficier aux équipages de la meilleure protection sociale au monde, la protection sociale française », détaille Thomas Kieffer.
Laurence Bottero