Quel business-modèle pour GravitHy, la future usine d’acier vert à Fos ?
Laurence Bottero
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... Port Maritime.
C'est le projet structurant qui coche beaucoup de cases en même temps : celle de la transition énergétique, de la souveraineté, de la réindustrialisation et de l'emploi, avec, à terme, 3.000 emplois directs et indirect liés.
Et c'est un projet qui - s'il s'appuie sur la capacité de décarbonation de l'hydrogène - tient son innovation non pas tant dans la technologie mais dans son business-modèle, comme l'explique la CEO France d'Inno Energy, Karine Vernier, à la tête du consortium. Inno Energy qui s'est intéressé de près à l'hydrogène comme solution de décarbonation et qui a déjà investi dans H2 Green Steal, projet de décarbonation de la chaîne de valeur de production de l'acier à partir de l'hydrogène, basé en Suède et né en 2021. Une initiative reproductible en France et qui, finalement, reprend ce qui s'est déjà produit dans le monde des batteries entre Northvolt - également déployé en Suède - et Verkor, installé à Grenoble. « Nous savons que le potentiel de marché est là, qu'il existe une énorme demande d'acier décarboné en Europe, et plus largement, dans le monde entier et donc nous avons cherché à dupliquer l'initiative suédoise », explique Karine Vernier. « Sur cette base nous avons mené une réflexion pour définir quels seraient les acteurs capables d'apporter des compétences sur les différents maillons de la chaîne de valeur, de l'amont à l'aval, des matières premières au produit final et en capitalisant sur les compétences que chacun peut apporter ». Après avoir rencontré des entreprises en Europe et même en dehors de frontières européennes, c'est finalement un consortium réunissant - outre Inno Energy - Engie New Ventures, Forvia, Plug, Primetals Technologies et Idec qui s'est constitué.
Le consortium établi et l'annonce officielle faite, place désormais à l'opérationnel. Car comme le souligne Karine Vernier, il faut aller vite, le calendrier établissant une construction d'usine à horizon 2024 pour un démarrage de production en 2027. Autant dire que l'été ne va pas être chômé. Il va notamment servir à lancer la large phase de recrutement, 50 postes étant envisagés d'ici à six mois, pour « monter ensuite rapidement à 100 personnes », annonce Karine Vernier. Ainsi les premières fiches de poste vont être publiées pendant l'été et les premières embauches, principalement locales, effectuées. « Le sujet RH est crucial pour tenir nos enjeux. Nous devons recruter rapidement ». L'été qui va voir aussi, l'arrivée du nouveau CEO de GravitHy, Karine Vernier, en tant que CEO Inno Energy, assurant une sorte d'intérim. Un nouveau CEO dont on ne sait pas grand-chose, hormis qu'il est un professionnel de l'acier et que son identité sera dévoilée en septembre.
Laurence Bottero