« La mixité participe à une dynamique du changement dans l’entreprenariat » (Caroline Dumond, Les Premières Sud)

Laurence Bottero
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« Nous accompagnons les femmes et les équipes mixtes » précise d'entrée Caroline Dumond, directrice déléguée des Premiers Sud, ce réseau d'accompagnement à l'entreprenariat qui joue sa particularité sur ce point. La mixité, qui est désormais considérée comme la meilleure façon d'entreprendre de manière équilibrée, est « en train de recréer dans l'entreprenariat ce qui s'est passé il y a quelques années, dans les conseils d'administrations en obligeant à la mixité ». Une contrainte de quotas qui pose toujours beaucoup de questions, qui ne met pas tout le monde d'accord, mais qui a le mérite, dit Caroline Dumond de « lancer une mécanique » et de faire bouger, en ricochet, les mentalités.
La mixité a beau être une volonté, dans les faits c'est moins limpide. En Provence, 30% des chefs d'entreprises sont des femmes, 20% dès qu'il y a plus de 2 salariés. Et « nous sommes en stagnation », regrette Caroline Dumond.
Il y a évidemment les freins, idées préconçues... qui ont la vie dure. Comme pour tout ce qui concerne le financement, « les femmes vont chercher moins de financement à la création, puis elles en lèvent moins au moment des tours de table », pointe encore Caroline Dumond. De l'ordre de 2,3 fois moins que les hommes.
« Aujourd'hui, le rapport à l'argent reste compliqué, il est à travailler », reconnaît Caroline Dumond, rappelant que le programme des Premières « Fais du chiffre d'affaires et paie-toi » a pour rôle précisément de bousculer les a priori. Car au-delà de l'opération financière pure, il est aussi question de la pérennité de l'entreprise. « 50% des entreprises de la région disparaissent, faute de chiffre d'affaires suffisant ».
« Il faut changer d'échelle », ajoute la directrice déléguée des Premières Sud, qui souligne les freins que se mettent parfois les femmes chefs d'entreprises elles-mêmes, celles qui « portent un petit projet, avec une petite équipe... Chez nous, le mot petit est proscrit ». Le programme Dev UP, lancé il y a peu, a justement vocation à accompagner une montée en compétence qui peut manquer. « Il faut viser grand pour emmener avec soi les équipes, les investisseurs, les clients ».
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