« Le statut associatif des chambres de l’économie sociale et solidaire est une erreur » (Denis Philippe, CRESS Sud)

Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR

Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
L'économie sociale et solidaire n'a jamais été autant regardé avec les yeux de Chimène. Durable, promouvant les circuits courts, la re-employabilité, le circulaire, l'ancrage territorial, l'ESS s'inscrit parfaitement dans les défis post-crise, sanitaire, mais pas que. Un momentum qui semble s'inscrire dans la durée. Une évolution dans les mentalités et les considérations qui valide une approche de l'économie longtemps pas tout à fait considérée sérieusement. Et si l'ESS semble parée de beaucoup de vertus, pour autant, le bât blesse toujours du côté du statut. Car, las, telle sœur Anne, les chambres de l'ESS (CRESS) ne voient toujours rien venir.
Des CRESS qui relèvent actuellement du statut associatif. Une hérésie pour le président de la CRESS PACA, Denis Philippe, qui le résume ainsi : « la mode est allée plus vite que législation ». Un Denis Philippe remonté, qui rappelle le poids pesé, à hauteur de 13% de l'emploi régional, avec 15.000 entreprises réparties sur le territoire - elles étaient 17.000 avant la crise sanitaire, le delta étant composée d'associations sans modèle économique, dépendantes des subventions, ce qui explique leur disparition. « Nous pourrions être la première région ESS de France », souligne Denis Philippe, qui en ferait presque un challenge. Car, pour l'heure, c'est la Bretagne...
Et si Denis Philippe insiste tant pour que le statut de l'ESS évolue c'est pour être raccord avec la réalité terrain. « Le statut des CRESS n'est pas logique. Dans l'ESS, comme ailleurs, c'est le modèle économique des entreprises qui compte ». Une façon de couper court aux bonnes vieilles idées préconçues qui verraient l'ESS comme une façon d'entreprendre qui ne serait pas sérieuse. « Nous devons également balayer devant notre porte », souligne cependant le président régional. Comprendre, savoir bousculer les lignes, sortir de sa zone de confort, le faire savoir... La CRESS Provenc Alpes Côte d'Azur qui a elle-même basé son business-modèle sur trois pieds, l'un sur les fonds publics dédiés au développement des entreprises, le second sur les adhésions directes, le troisième étant constitué des partenaires au soutien économique.
Laurence Bottero