Projets alimentaires territoriaux : la difficile réalité du terrain 2/2

Gaëlle Cloarec
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Agriculture
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Il est des chiffres qui parlent d'eux-mêmes. Le taux moyen d'autonomie alimentaire du département des Alpes-Maritimes, par exemple, lequel affiche un très petit... 1%. Sur le territoire de la métropole Nice Côte d'Azur, celui-ci se présente en jours et se limite à... 3. Le fruit d'un siècle d'urbanisation galopante, difficilement réversible certes, toutefois corrigeable. Même si ce n'est qu'à la marge. "L'idée, explique Gabriel Bouillon, chargé de mission agriculture à la Communauté d'agglomération du Pays de Grasse (CAPG), ce n'est pas de produire beaucoup plus, c'est impossible, mais de produire mieux pour aller au-delà de ces 1%". A la métropole Nice Côte d'Azur (NCA), il s'agit de repousser de 5 à 6 jours ce nombre de jours couperet.
C'est l'un des principaux objectifs des PAT que ces deux collectivités, comme une petite dizaine d'autres dans les Alpes-Maritimes, ont posé sur l'établi. L'une comme l'autre a vu son projet labellisé niveau 1 en 2021 par la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf). Elles sont donc éligibles au plan France Relance, volet PAT, doté d'une enveloppe de 80 millions d'euros. Encore en émergence, ces PAT sont dans une phase de co-construction qui consiste à élaborer un plan d'actions sur la base d'un diagnostic des forces et faiblesses en présence qu'il conviendra aux élus de la CAPG et de NCA d'approuver, budget à l'appui, en 2023 pour la première, en 2024 pour la seconde.
"Il faut savoir que le PAT est une chose tentaculaire, précise Gabriel Bouillon, qui couvre beaucoup de verticaux parmi lesquels l'aménagement du territoire tient bonne place". Et ce dans une volonté de re-territorialisation de systèmes alimentaires et durables dans un contexte azuréen où le foncier, rare et cher du fait de la topographie du lieu, s'avère par conséquent extrêmement contraint. Si l'arme du plan local d'urbanisme (PLU) a été enclenchée, sanctuarisant 4.500 hectares de terres agricoles sur le territoire du pays grassois, 5.900 hectares sur celui de la métropole niçoise, le compte n'y est pas. En témoigne la taille moyenne des exploitations azuréennes, 1,5 hectare, quand dans le reste de la France elle frôle les 300. "Au-delà de la plaine du Var et de la Siagne, le territoire et ses espaces en restanques ne se prêtent plus du tout à l'agriculture moderne", juge le chargé de mission. D'où le choix de Nice Côte d'Azur de jouer régional. "La métropole seule ne peut pas nourrir ses habitants mais en maintenant des passerelles solides et fiables avec les autres départements plus agricoles de la région, sans oublier l'Italie, nous sécurisons la production et tendons vers une quasi-autonomie régionalement", relève Richard Chemla, vice-président de la métropole, en charge de la transition écologique. Cette approche régionale vient compléter un travail local qui cherche à libérer les terres agricoles fléchées et à organiser la production.
Gaëlle Cloarec