A Fos, ArcelorMittal fait de la décarbonation un levier industriel... et d'attractivité
Rémi Baldy
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L'ampleur des travaux est proportionnelle à la taille du site. Dans les entrailles d'ArcelorMittal à Fos-sur-Mer, les camions de chantiers se mêlent depuis un an à l'activité existante du site. C'est dans l'aciérie que doit sortir de terre le four poche en 2024. Un outil d'un montant global de 73 millions d'euros, dont 15 millions d'euros obtenus dans le cadre de France Relance, qui doit marquer la première étape de l'évolution vers la décarbonation du producteur d'acier. "C'est une petite révolution", lance Christian Vromen, responsable du projet décarbonation. "Pourquoi petite ?", le coupe Bruno Ribo, PDG d'ArcelorMittal Méditerranée. "C'est une révolution d'un point de vue industriel, nous sommes dans les mêmes ordres de grandeurs que ce qui s'est passé à Fos il y a 50 ans lors de la création de la zone industrielle. C'est un défi générationnel que l'on ne relève qu'une fois dans sa vie", enchaîne-t-il.
Un enjeu de taille de donc, car l'importance économique du groupe sidérurgique dans les Bouches-du-Rhône - 2.500 salariés auxquels s'ajoutent 1.500 sous-traitants et 4 millions de tonnes d'acier par an - cohabite avec un lourd impact climatique. Un rapport du ministère de l'écologie en 2018 désignait l'entreprise comme "le principal émetteur de polluants dans l'atmosphère" du département. Pour ce qui est du carbone, cela représente "deux kilos de CO2 par kilo d'acier" avance Bruno Ribo. Un rapide calcul donne donc 8 millions de tonnes de CO2 par an pour Fos. D'après l'Insee, dans les Bouches-du-Rhône la moyenne est de 12,2 tonnes équivalents CO2 par habitant -contre 3,5 pour le Var ou 4,1 dans les Alpes-Maritimes - dont 90% issues de l'industrie.
Rémi Baldy