Investissement et actionnariat féminins, des game changers (trop) peu valorisés
Laurence Bottero
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Le discours est récurrent sans que fondamentalement le paysage ait changé. On manque de jeunes filles dans les filières scientifiques, la place et la confiance accordées à une femme dirigeante d'entreprise se heurte encore à une foule d'a priori... que dire alors d'une femme qui se positionne comme investisseur et actionnaire d'une entreprise en croissance ?
Dans le monde du business angelisme, les femmes sont des business angels comme les autres. En théorie. Mais dans la vraie vie, celle de l'économie réelle, ce n'est pas aussi simple, comme le souligne Florence Richardson. Tout comme faire confiance à une femme chef d'entreprise ce n'est toujours pas gagné, faire confiance à une investisseuse ne l'est pas davantage. La faute notamment à un contexte où « les écarts de salaires créent des écarts de patrimoine », souligne la présidente de Femmes Business Angels, quand les femmes elles-mêmes, bien que gérant parfaitement les finances du quotidien, ont une fâcheuse tendance à minimiser leur culture financière. Ou comment créer des freins, là où il n'y a pas lieu d'en avoir.
Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, si le manque de mixité dans les entreprises génère des biais il en va de même dans l'absence de financement féminin, cette absence allant même jusqu'à contrarier précisément la mixité de la gouvernance des entreprises alors même que l'on sait que c'est dans la mixité que réside le meilleur succès. « Un actionnariat et une gouvernance mixtes constituent une valeur ajoutée certaine que l'on apporte à l'entreprise, ce sont des facteurs de performance », répète Florence Richardson, rappelant la complémentarité des analyses et des approches business entre investisseurs et investisseuses.
Des femmes prêtes à investir dans des startups ou toute entreprise qui se développe mais qui n'osent pas ? De moins en moins cependant si l'on tient compte de la nouvelle génération, beaucoup plus investie, plus appétente au risque aussi. « Au cours de ces dernières années, nous avons enregistré une augmentation des profils d'investisseuses », reconnaît Florence Richardson. « Les jeunes générations n'ont pas forcément une capacité d'investissement moins limitée mais elles ont une appétence à prendre des risques plus élevée ».
Laurence Bottero