Pourquoi Marseille-Fos génère des activités plus industrielles que maritimes
Rémi Baldy
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Marseille-Fos
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Avec des conteneurs, passagers ou marchandises solides et liquides, les ports sont des points de passage essentiels de la logistique mondiale. Pour un territoire, un tel outil attire de nombreux acteurs économiques. Pourtant, il n'est pas toujours facile de mesurer son impact précis. "Nous aimons utiliser le trafic, mais c'est loin de montrer ce que pèse un port", note d'ailleurs Hervé Martel, président du directoire du grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM). Et bien ce temps est désormais révolu. En effet, l'Insee -avec la contribution de l'UMF pour la place portuaire- s'est penchée sur le sujet. Et d'après l'institut, 42 600 emplois sont liés au "cluster industrialo-portuaire de Marseille-Fos", c'est-à-dire un périmètre qui prend en compte les deux bassins du GPMM mais pas seulement. Un chiffre qui vaut pour 2019.
Dans son ensemble, le cluster Marseille-Fos représente 7,9 % des emplois salariés marchands non agricoles du département des Bouches-du-Rhône. Les intérimaires, qui représentent 3200 emplois, ne sont pas pris en compte dans l'étude. Frédéric Châtel, l'un des co-rédacteurs pour l'Insee, décrit les trois catégories d'activités prises en compte. Il y a d'abord, celles directement liées au trafic de marchandises et de passagers "comme la manutention". Puis dans un second temps, celles qui gravitent autour à l'image du transport ou de l'entreposage. Soit des métiers qui "ne sont pas que portuaires, mais qui ici y sont liés". Enfin, la catégorie de "ceux qui bénéficient de la proximité du port" à savoir par exemple "une raffinerie qui importe sa matière première".
Un spectre large qui permet de montrer la fourmilière qu'est un port et le rayonnement qu'il peut avoir. Un chiffre est parlant à ce propos : parmi les 42 600 salariés recensés, seulement 44 % sont "directement liés au port" c'est-à-dire qu'ils appartiennent aux deux premières catégories citées précédemment. Ce qui signifie que plus de la moitié des emplois sont donc le fruit de l'externalité positive du port. Dans le détail, il s'agit de l'industrie (raffinage, chimie...), de services (ingénierie, commerce) et de transports terrestre. "Nous marchons sur deux jambes avec un cluster industriel qui pèse plus lourd", résume Hervé Martel.
Rémi Baldy