Le risque chimique sur chantiers, peu médiatisé mais cheval de bataille pour la filière BTP
Rémi Baldy
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Travail en équilibre, en hauteur ou qui nécessite de porter des objets lourds... La construction est un métier à part lorsque l'on parle de sécurité. « Dans le BTP, nos salariés sont confrontés à des risques qui sont permanents et que d'autres professions n'ont pas », expose Jean-Michel Amato, président de l'association des services de santé au travail (AST) BTP dans les Bouches-du-Rhône. Cet organe, qui doit recevoir un agrément par le ministère du travail, réunit des employeurs d'un même secteur afin qu'ils puissent mutualiser des moyens pour agir sur la santé des salariés. Pour le secteur du BTP, il en existe 22 en France dont deux en Provence-Alpes-Côte d'Azur, la seconde étant basée dans les Alpes-Maritimes.
Ce début juin Marseille accueille la 36e édition des Journées nationales de santé au travail dans le BTP. Avec un thème choisi, celui du risque chimique. Qui n'est pas forcément le thème le plus mis en avant. « On parle beaucoup des troubles musculo-squelettiques (première cause des maladies professionnels dans le BTP NDLR) mais il existe d'autres sujets dont il faut parler dont le risque chimique, très risqué, qui s'impose à nous », explique Jean-Michel Amato.
Les risques chimiques - qui vont de l'amiante à la résine en passant par la silice ou encore les huiles de coffrage pour ne citer qu'eux - ont aussi été mis en avant dans la nouvelle feuille de route de la fédération nationale des travaux publics (FNTP) en décembre. Un sujet complexe puisque à la différence des risques liés à la manutention ou la hauteur, les dangers liés à la biométrologie dans des espaces confinés sont plus diffus voir invisibles à l'instant T. « Mais ce sont des produits que l'on touche tous les jours, le risque est permanent », note Jean-Michel Amato qui plaide pour « beaucoup de prévention » sur ces questions. La prévention justement est au coeur des actions de l'ASTBTP. La réforme sur la santé au travail de 2021 est d'ailleurs venue inscrire le mot noir sur blanc. « Nous le faisions déjà, mais aujourd'hui nous en avons vraiment le titre », commente le président de l'association pour signifier que sur le terrain cet aspect est déjà bien pris en compte.
Rémi Baldy